
Christian Caujolle
Biographie
Directeur artistique-fondateur de l’Agence VU et de la Galerie VU
Né le 26 février 1953
Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud
Elève et collaborateur de Michel Foucault, Roland Barthes, Pierre Bourdieu
Quelques dates
- 2005 Commissaire de l’exposition “Hors Cadre” de Gérard Rondeau, Grand Palais (Paris)
Commissaire de l’exposition “50 ans du Word Press”, Amsterdam, New-York...
- 2003 Commissaire du Pavillon Lituanien à la Biennale de Venise
- 2001 Commissaire invité du Festival PhotoEspaña où il présente de jeunes photographes iraniennes
et des photographes, thaïlandais et anglo-saxons, basés à Bangkok
Commissaire de la présentation de la collection de la DG Bank à la Kunsthalle de Francfort
- 2000 Commissaire invité de la Foto Biennale de Rotterdam
- 1998 Crée la Galerie VU, galerie pour la photographie
- 1997 Directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles
- 1986 Crée l’Agence VU, agence de photographes
- 1981/1986 Rédacteur en Chef chargé de la photographie à Libération
A ce titre, conçoit les numéros spéciaux consacrés à Jean Paul Sartre et Jean Cocteau
- 1978/1981 Collaborateur de Libération en tant que journaliste plus précisément chargé de critique photo
- 1978 Chercheur au CNRS
Principales publications
Monographies de :
- Jacques-Henri Lartigue (éditions italienne, française et espagnole),
- William Klein,
- Sebastiao Salgado,
- Peter Beard (Éd. Photo Poche),
- Gisèle Freund (Éd. Schirmer Mosel/Allemagne, Albin Michel/France, Norton/USA),
- Raymond Depardon (Éd. Cahiers du Cinéma).
Catalogues “Ethique, esthétique, politique” des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles (Ed. Actes Sud),
Michael Ackerman (Éd. Nathan/Delpire et Scalo), Isabel Muñoz (Éd. Plume), Cristina Garcia Rodero (Éd. Contrejour),
Chema Madoz (Éd. Assouline), Claudine Doury (Éd. Seuil), Paolo Pellegrin (Éd. Motta).
Très nombreuses préfaces de livres et de catalogues
Rarement une agence a été à ce point identifiée à l’un de ses fondateurs, Christian Caujolle, ariégeois surdoué grandi auprès des vaches, bercé des mots de Romain Rolland et de Kafka, formé par Normale sup, les luttes du Larzac et les séminaires de la fac de Vincennes. Là, il a côtoyé quelques-uns des plus grands théoriciens du siècle qui l’ont conduit, chacun à sa façon, à penser, aujourd’hui, la photographie.
Roland Barthes est le seul théoricien français qui a travaillé sérieusement sur la photographie. Lorsque j’ai lu pour la première fois la partie de la Chambre claire qui porte sur le portrait de sa mère, j’ai ressenti un choc. Je me rends compte aujourd’hui que les questions photographiques traversent beaucoup de ses ouvres. La lecture des Fragments d’un discours amoureux a dicté tout un texte que j’ai écrit sur le travail d’Isabel Munoz. La pensée de Barthes sur la photographie a des limites. Elle n’est pas à la hauteur de celle de Deleuze sur le cinéma, mais il s’est attaqué à l’objet. C’est ça qui est important.
Pierre Bourdieu. Je préparais avec lui une thèse de troisième cycle sur " l’évolution des usages intimes de la photographie ". Ce n’était pas quelqu’un de visuel, et pourtant il était passionné par la photo. Il m’a appris que l’essentiel n’est pas la connaissance, mais une rigueur dans l’exigence par rapport à soi-même, des méthodes. Grâce à lui, je sais qu’il faut toujours essayer de rendre clair pour soi la complexité des situations.
Serge Daney fut le complice, une intelligence lumineuse, la personne qui a su mettre un nom sur mon métier : passeur.
Gilles Deleuze. On lui doit ce qui a été écrit de plus important sur l’image. · la fac de Vincennes, on voyait l’intelligence à l’ouvre. C’était spectaculaire. J’ai le regret qu’il n’ait jamais travaillé sur la photographie. Mais il faut le lire pour tenter de voir comment on peut penser la photo.
Michel Foucault était la curiosité même. Il refusait de se laisser enfermer dans une seule spécialité. Il portait un intérêt profond aux causes sociales et au fait qu’on ne pouvait les comprendre qu’en regard à l’histoire. Il incarne aussi la fidélité en amitié.
Félix Guattari, c’est l’idée même de la liberté. Il communiquait cette absence profonde de certitude qui fait que l’on est obligé de travailler pour comprendre, qui fait, aussi, qu’un intellectuel a sans doute le devoir de s’aventurer sur des terrains qui ne sont pas les siens pour y découvrir de quoi appliquer dans son propre champ. |