Le journal Metro France lance MetroReporter et signe l'arrêt de mort du photojournalisme
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Le 2010-06-29 20:45:38
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L'âge d'or du photojournalisme et des grands noms des années 1970 est bel et bien terminé. Depuis plusieurs années les photographes reporters se battent pour sauver leur profession, une pétition a même été lancée pour « sauver la photographie » et il a été demandé au gouvernement la tenue d'états généraux. La profession est en voie d'extinction. Deux grandes menaces pèsent sur celle-ci, d'un côté, la baisse générale des tarifs et les contrats de cession de droits ne respectant pas la loi. Et de l'autre, le pillage des droits d'auteurs via Internet.
« Les magazines cherchent davantage à faire de l'illustration plutôt que du vrai travail documentaire en photos. Avec le temps, le poids des mots n'a pas disparu mais le choc des photos, si » expliquait « Visa pour l'image ».
C'est dans cette atmosphère quelque peu maussade, que le journal Metro France met en place un nouveau projet. « Devenez MetroReporter. Metro achète vos photos et vidéos d'actualité ». C'est en réalité un hypermarché d'images qui est en train de se mettre en place, ce qui prime aujourd'hui c'est la quantité et non la qualité. Metro France représente une communauté de 2,5 millions de lecteurs quotidiens et 1 million de visiteurs uniques. C'est colossale.
Comment ça marche?
C'est simple, il faut avoir été témoin d'un événement d'actualité, qu'il soit sportif, artistique, politique, insolite... Si vous avez pris des photos ou filmé un événement, il vous suffit de les envoyer sur le site metrofrance.com. Après sélection, quelques photos ou films seront publiés dans le quotidien Metro ou sur le site. Les publications sont rémunérées. Pour que celles-ci soient publiées il faut garantir détenir tous les droits sur les documents et envoyer des photos ou vidéos de bonne qualité.
Si Metro n'achète pas vos photos ou vidéos, le partenaire Citizenside se chargera de les proposer à la vente auprès d'autres médias.
La rémunération varie entre 10 et 70 euros la photo.
« 70 € pour la publication d’une photo au sein de l’édition nationale papier du quotidien Metro, si la publication est en Une du journal.
40 € pour la publication d’une photo au sein de l’édition nationale papier du quotidien Metro, dans les autres pages du journal.
35€ pour la publication d’une photo au sein d’une édition locale papier du quotidien Metro, si la publication est en Une du journal.
20€ pour une publication d’une photo au sein d’une édition locale papier du quotidien Metro dans les autres pages du journal.
(Métro rémunère également la licence que vous lui consentez sur le site metrofrance.com (en dehors de l'espace communautaire MetroReporter) et sa version mobile.)
10 € pour la diffusion d’une photo, sur le site metrofrance.com (en dehors de l’espace communautaire Metro Reporter) et sa version mobile uniquement ;
25 € pour la diffusion d’un document vidéo sur le site metrofrance.com (en dehors de l’espace communautaire Metro Reporter) et sa version mobile uniquement.
Ces prix s’entendent nets, déduction d’ores et déjà faite des cotisations AGESSA.
Metro se réserve le droit de modifier le prix de la licence pendant la durée du Service. En cas d’augmentation ou de diminution des tarifs susvisés, ces modifications seront effectives dès leur mise en ligne dans les présentes conditions particulières d’utilisation ainsi révisées et s’appliqueront à toute photo ou vidéo que vous enverrez à compter de cette date. Vous serez informé par courrier électronique de cette tarification et invité à consulter les termes des nouvelles conditions d’utilisation. »
10, 20, 30, 40, 70 euros... que de modiques sommes! Pour donner une idée des tarifs pratiqués sur le marché, Le Monde achète en moyenne une photographie 250 euros. Le prix d'une photo se fixe en fonction du nombre de tirages et varie en fonction de la taille de la photographie, de son emplacement et de sa nature: photo d'archive ou commande. Admettons que Metro tire entre 40 000 et 100 mille exemplaires, l'achat d'une photo lui reviendrait à environ 200 euros pour 1/8 ème de page. Maintenant sachant que Metro tire à plus de deux millions d'exemplaires...faites le calcul...
Metro Reporter est donc une communauté de témoins de l’actualité qui partage et vend ses photos et vidéos. Le concept est attrayant mais la photographie est-elle valorisée? Non, certainement pas! Et c'est bien le problème. Frédérique Buxin, président de l'UPC déclarait « le problème c'est la perte de valeur des photographies. Or, la loi a priori interdit la vente « à vil prix », il est donc nécessaire de légiférer pour pouvoir donner une valeur à ce qu'on appelle aujourd'hui les « oeuvres orphelines », c'est-à-dire libres de droit ».
Il sera difficile au photojournalisme de retrouver sa noblesse. En attendant, certains photographes amateurs pourront, qui sait, se faire connaître par le biais de Metro et gagner un petit pécule pour arrondir leurs fins de mois....
Alexandra Lambrechts
Les réactions & commentaires
C'est le même principe que Shootnews.com
Ils ont carrément copié le concept :-)
photox 2010-03-06 18:08:04
les gratuits ont toujours été de la presse au rabais ! il ne peut pas en aller autrement avec la photo !!
cristoparis 2010-11-04 18:27:23
logique! journaux de merde = fotos de merde y a rien a dire de plus
la vigilante 2010-14-02 11:38:36
Je ne pense pas avoir été méprisant et ne voulait pas l'être lorsque j'ai utilisé le terme de "vulgaires clampins", et s'il en faut une preuve c'est que j'ai utilisé des parenthèses afin de bien détacher ces mots du reste.
La photographie, du moins telle qu'elle était avant l'avènement du numérique requérait de certaines compéntences. Pas du simple recadrage mais aussi des notions d'exposition et/ou de vitesse et j'en passe.
La fièvre du tout numérique et de celle des logiciels de retouche est également passée par là aussi.
Il me semble, mais j'espère être dans le doute, que peu d'entre nous aujourd'hui savent ce qu'était et ce qu'est encore un tireur/filtreur par exemple.
Ce n'est pas en s'amusant avec des courbes ou des niveaux qu'on éclaircissait ou donnait de la densité à une photo, les masquages étaient faits manuellement, et ce terme est à employer dans sons sens premier, mais là encore les exemples ne manquent pas.
Au risque assumé de paraître vieux jeu ou vieux c..., il faut tout de même se souvenir que des types comme Capa ont donné leur vie pour le droit d'informer les populations des horreurs du quotidien.
Koudelka, Nachtwey... ont livré des témoignages réels sur la déshumanisation de la société en prenant également des risques, puisque pas "embedded".
Alors, quand j'entends que Metro et autre journaux "fourre tout" veulent acheter des photos, quelles qu'elles puissent être à bas coût, on peut légitimement se dire qu'il y a, comme c'est de coutume aujourd'hui, un nivellement par le bas.
La presse people, à scandale ou autres cagades participent à cette "descente aux enfers". Et évitons de parler de photographes à la Angeli, qui, bien qu'ils connaissent leur métier pour la plupart ne sont, au sens Fellinienn "que" des Paparazzi .
En espérant que les parenthèses auront été suffisantes...
Fabrice ARMERIGO 2010-14-02 0:39:26
Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de découvrir à temps le métier qui leur convient le mieux, les nouveaux modes de publications, ouvertes à tous sont une possibilité d'ouvrir des portes... après, c'est à l'usage et avec l'expérience, que le tri se fait. Je trouve que c'est pas plus mal. la photo c'est pas que pour une élite qui sitôt diplôme en main croit avoir le savoir. et si ce savoir n'est plus apprécié c'est qu'il n'a pas apporté ce que la société en attendait ! donc, place à d'autres solutions !!!!!
Marie 2010-12-02 8:37:53
@ loic : oui, effectivement. Je comprends. Dans ce cas, disons qu'il est malheureux que les autres annonceurs ne vous contactent pas.
jwc-photos 2010-11-02 20:42:48
Je n'aime pas ce projet de Métro, clairement !
Jeune photographe, je souhaite que ce métier recouvre la dignité, viabilité car notre job ne se limite pas à un super capteur de X millions de pixel ou un film argentique et à appuyer sur le bouton !
Restons positif et trouvons la solution en nous rapprochant des organismes sérieux et par l'éducation des jeunes (en générale) à l'image. Il en ai de même avec la nouvelle génération de nombreux jeunes photographes qui se sabordent et nous meurtris pour être à la "UNE" à tous prix !
Bien à vous
S.A
Stéphane ALLAMAN 2010-11-02 19:16:54
Selon des sources journalistiques, le "photographe" a été supprimé par le groupe Mondadori qui souhaitait en récupérer les locaux pour le people "grazzia".
Eh oui, on en est là :((
D'un autre côté, le gouvernement accorde cette année près de 500 millions d'euros d'aide à la presse, qui a l'air d'en faire un peu ce qu'elle veut..
jb avril 2010-10-02 21:45:23
Cher Jérémie, le photo-journalisme va mal et la presse photo va pas super bien non plus vous n'êtes pas sans savoir que le magazine lephotographe c'est arrêté il nous faut bien un peu de pub pour pouvoir se permettre de faire des articles.
c'est triste je vous l'accorde mais j'espère que les annonceurs vont venir nous voir ...
loic 2010-10-02 21:12:08
Je suis entièrement d'accord avec l'article sur le fait que cela est très dangereux pour la profession de reporter.
Par contre, je m'étonne de trouver UNE PUBLICITE POUR UNE BANQUE D'IMAGE SUR ACTUPHOTO.COM (en haut d'une page sur deux environ) car si métro tue le reportage, LES BANQUES D'IMAGES TUE LE METIER DE PHOTOGRAPHE, ET EN LEURS DONNANT PIGNON SUR RUE, C'EST COMME SOUTENIR LEUR DEMARCHE.
Pensez à mieux choisir vos annonceurs...
Cordialement
Jérémie Wach-Chastel
jwc-photos 2010-10-02 20:49:23
Charles, un journal ne pourrait pas se permettre une publication sans photos... ça aide à vendre une belle une.
Fabrice, ouvrez les yeux, rare sont les journaux qui accordent une valeur à la qualité de l'image! L'image pas chère, c'est tellement chouette...
... et le ''vulgaire clampin'' tellement heureux et fière de voir son ''oeuvre'' publié, même s'il se fait arnaquer et qu'il plante un petit couteau dans le dos de personnes dont c'est le job...
Un petit couteau + un petit couteau + un petit couteau...
petit à petit, c'est la qualité et l'enquête journalistique qui tombe à l'eau, car les professionnels, savent la mener.
Je ne parle pas de la vérification des sources.
the cat 2010-10-02 20:32:57
apres gamma, oeil public eyedea qui ont fermés leurs portes, je suis triste de voir que le photojournalisme va aussi mal et encore une fois ce genre de pratique ne facilite pas la chose
marc 2010-10-02 19:58:01
Je me demande si les gens qui instaurent le non-professionnalisme en système iraient se faire coiffer par une charcutière ou acheter leurs sous-vêtements à la poissonnerie. Il paraît qu'on trouve des plombiers pas chers pour les implants dentaires et la prostate.
Charles 2010-10-02 18:39:32
Mieux vaut la photo d'un "vulgaire clampin"... que pas de photos du tout...
Gargamel 2010-10-02 17:29:28
J'ai peine à croire que de "vulgaires clampins" accompagnés leur téléphone à 2MP, de leur bridge voire de leur boîtier semi-pro ou pro pour les plus fortunés soient capables de rivaliser avec des Capa, des Nachtwey et autres grands noms.
A moins bien sûr que le photo journalisme ne tombe réellement en désuétude.
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