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Biographie : Jean-Christian Bourcart

Jean-Christian Bourcart

Biographie

Jean-Christian Bourcart est né en 1960 à Colmar. Il vit et travaille à New York depuis 1997. Après l’obtention du diplôme de l’École Technique de Photographie et d’Audiovisuel de Toulouse, en 1983, il suit une formation en psychologie (1985-1987), puis se consacre exclusivement à la photographie. Son travail a fait l’objet de monographies, d’expositions personnelles et collectives, d’articles et de publications, dans les champs de la photographie et de l’art contemporain, en France et à l’étranger. Il fait partie de diverses collections publiques et privées (Museum of Modern Art, New York ; Musée d’art contemporain de Genève ; Fonds national d’art contemporain, Paris ; Maison européenne de la photographie, Paris ; Nan Goldin, David W. Hunt, New York ...) et a reçu plusieurs prix (Prix Gilles Dusein, World Press Award, Prix Polaroïd etc.). L’artiste pratique, en parallèle de la photographie, le film (cinéma et vidéo) depuis 1992.
Jean-Christian Bourcart poursuit une démarche d’auteur tout en effectuant des commandes institutionnelles ou privées (portraits, photos de presse). Il a réalisé un important corpus de portraits qui, d’Isabelle Huppert à Willem Defoe, en passant par Francis Bacon, lui permet de saisir les identités enfouies de ces personnalités en dehors de tout esprit conventionnel. Quels que soient les supports ou les modalités de présentation employés (magazine, quotidien, cinéma, galerie, livre, Internet), les images de Jean-Christian Bourcart sont habitées, selon ses mots "par les mêmes préoccupations : transgression, clandestinité, obsession, mouvement ", et le même souhait de "photographier les gens, leurs activités, leurs traces (...)" pour "dévoiler des mondes secrets ou trop fugaces pour que l’on y porte attention".
En 1997, il montre une série intitulée "Le plus beau jour de ma vie", et faite de photographies de mariages récupérées dans les poubelles d’un atelier spécialisé. Les "Madones Infertiles" (1992) et "Forbidden City" (1999) sont des vues prises clandestinement, avec un appareil caché, dans des maisons closes ou des clubs privés pour lesquelles la position de voyeur renvoie le spectateur à ses propres pulsions scopophiliques.
Les dix images présentées pour les "Prix Photo du Jeu de paume 2006" font partie de deux ensembles récents : "Traffic", 2003, et "Stardust", 2006. Pour "Traffic", armé d’un téléobjectif, Jean-Christian Bourcart s’est posté à un feu rouge, dans une rue de New York, pour réaliser cette galerie de portraits d’automobilistes bloqués dans les embouteillages. Prises à la volée, ces photographies tentent de saisir des instants de vérité et placent le spectateur dans une certaine intimité avec ces personnes dont quelques-unes semblent mélancoliques, voire résignées, perdues dans leur monde intérieur. D’autres réagissent plus violemment à la prise de vue (au vol de leur image), en cachant leur visage. "La dimension du voyage, de l’entre-deux, de l’attente m’intéresse, mais c’est surtout celle de l’enfermement, de la condition protégés/prisonniers qui me touche. Et puis il y a la dialectique du "très-près" et de l’infranchissable qui vient de ces couches de verres entre eux et moi (mon objectif et leur pare-brise). (…) Les gens sont comme désincarnés, ils deviennent des fantômes" précise l’artiste.
"Stardust" est une série que l’artiste a réalisée dans un cinéma multiplex, à New York. Les prises de vue sont faites à la source de la projection, quand elle traverse la vitre qui sépare la cabine de projection de la salle.
Complètement floues, ces images sont arrêtées dans leur course et deviennent de simples masses de couleurs fantomatiques enserrées dans l’obscurité de la salle. Seuls les bustes y sont discernables. Cherchant à trouver une certaine "vraie réalité de l’image comme entité virtuelle", Jean-Christian Bourcart qualifie ces photographies "d’échographies, spectaculaires et d’images primordiales" qui sont, selon lui : "peut-être ce que voit le nouveau-né quand ses parents se penchent sur son berceau".