
L'effondrement du communisme conduit la photographie russe à s'ouvrir au monde. Alors que la photographie pendant l'ère soviétique sert avant tout de propagande pour l'État, les années 1990 prennent un autre visage. La photo ressurgi comme un moyen d'expression libre et un véritable outil pour représenter un éventail plus large de la réalité. La Russie commence alors à obtenir les caractéristiques d'une culture photographique développée et surtout dispose d'une nouvelle liberté d'expression.
Ainsi, de nombreux photographes russes qui n'avaient pas de travail pendant l'ère soviétique sont repérés par l'occident et deviennent photo-reporters à succès. Des magazines et journaux d'un nouveau genre apparaissent, les médias russe cherchent leur identité et évoluent. Un certain nombres de photographes quittent la Russie pour l'étranger, et sont donc confrontés à de nouvelles pratiques et techniques journalistique qu'ils importeront en Russie. Les photographes Russe doivent s'adapter à l'influence occidentale. La plupart d'entre-eux travaillent cependant pour des magazines ou journaux quotidiens, tel que «Moscow Times» qui apparaît au début de l'ère post-communiste. Les photographes du « Moscou Times » couvrent non seulement les évènements majeurs des années 1990 – le conflit armé entre le parlement russe et le président Boris Eltsine en 1993 ; l'effondrement financier de la Russie en 1998 ; l'attentat terroriste à la bombe à Moscou en Septembre 1999 et 2000 ; l'élection du président Poutine en 2000 - mais aussi, paradoxalement, de nombreux faits divers ou drames mineurs.
La photographie journalistique russe a la spécificité de rechercher une forme plus artistique, contrairement à celle de l'occident. Le drame et l'émotion se ressentent vivement dans la composition, plus qu'à travers le photo-reportage ordinaire. Pour les étrangers, l' habileté inné des Russes pour tirer l'essentiel de leur sujet avec poésie reste leur plus forte démarcation. Chacun a vécu les chamboulements dramatiques qui ont bouleversé la Russie dans les années 1990, ils sont donc extrêmement sensibles aux effets souvent choquant des changements sociétaux et bénéficient d' une perspicacité singulière : des idées passionnées, poétique, ironique, triste ou humoristique. On prône l'artistique et non le journalistique, ce qui fait douter certains sur les vrais qualités journalistique. Avec cette nouvelle liberté d'expression, bien qu'avantageuse, se pose aussi le soucis de l'argent : les photographes sont libre d'expression mais ne peuvent pas toujours en vivre.
Depuis les années 2000 et de par l'influence occidentale, le photo-journalisme russe est devenu plus professionnel et réaliste. On distingue donc plus facilement la frontière entre le journalistique et l'artistique, deux territoires qui après la chute de l'URSS étaient peu délimités.
Rachel Thomas

