inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : Expositions > Claude Cahun au Jeu de Paume : itinéraire d'une rebelle transgenre


J'aime
1

Claude Cahun au Jeu de Paume : itinéraire d'une rebelle transgenre

g

L’exposition du Jeu de Paume, la première de cette importance en France depuis seize ans, réunit un large ensemble d’œuvres majeures, dont quelques pièces peu connues ou jamais exposées, et met en valeur à la fois la diversité et l’unité de la démarche photographique de Claude Cahun (1894-1954).

Pour voir le reportage d'Actuphoto au Jeu de Paume, à la rencontre du commissaire de l'exposition Claude Cahun : http://www.dailymotion.com/video/xiwcmb_santu-mofokeng-et-claude-cahun-nouvelles-expositions-du-jeu-de-paume-par-actuphoto_creation

L’œuvre photographique de Claude Cahun s’étend sur une vaste période allant de 1913 à 1954, peu avant sa mort. L’on peut penser que, depuis l’âge de quinze ou seize ans, l’artiste n’a cessé de faire appel à la photographie. Néanmoins, les œuvres qu’elle nous a léguées permettent de distinguer des périodes particulièrement productives : 1914-1920, 1926-1932, 1936-1940, 1947-1950.

Ce sont sans doute ses autoportraits qui ont suscité le plus d’intérêt parmi les théoriciens de la culture contemporaine. L’artiste s’y sert de sa propre image pour démonter un à un les clichés associés à l’identité (féminine, masculine). Claude Cahun (née Lucy Renée Mathilde Schwob) s’est réinventée à travers la photographie (comme à travers l’écriture), en posant pour l’objectif avec un sens aigu de la « performance », habillée en femme, en homme, cheveux longs ou crâne rasé (chose des plus incongrues pour une femme de l’époque). Or parler d’identité, c’est aussi parler indirectement du corps, partant, de l’image que l’on projette de soi, et qui devient sociale dès l’instant où elle est partagée. Contrairement à d’autres artistes – principalement des hommes – qui pratiquèrent le portrait sans jamais s’exposer eux-mêmes, ou rarement (Man Ray, Hans Bellmer, André Kertész), Claude Cahun est à la fois l’objet et le sujet de ses expériences artistiques. En témoignent, chez elle, le soin mis dans le choix de la pose, l’intention de celle-ci, les fonds qu’elle utilise (tissus, couvre-lits, draps, tentures...), le recours à des accessoires précis (masques, capes, survêtement, globes de verre…), même si le point focal de l’image reste essentiellement le visage lui-même.

Claude Cahun, Le Chemin des chats VI, vers1949
Conservation Bibliothèque municipale de Nantes © Bibliothèque municipale de Nantes

On retrouve certaines de ces propositions dans les travaux sur l’objet qui s’annoncent au milieu des années 1920 et se développent durant les années 1930. L’exposition s’attache à mettre en évidence la dimension particulièrement novatrice de ces recherches dont les problématiques, les procédés plastiques et symboliques (agencement scénique, superposition de clichés, photomontage), s’inscrivent dans la continuité des spéculations sur la métamorphose de soi.

L’œuvre de Claude Cahun, dont beaucoup de clichés et de manuscrits ont été perdus lors du pillage de son domicile de Jersey par les nazis, a longtemps été méconnue et tenue éloignée des regards. Grâce à cette exposition, elle est ainsi restituée dans la totalité de ses expressions. Une riche documentation sous vitrines accompagne la présentation des photographies.
On ne peut pas vraiment comprendre l’itinéraire personnel de Claude Cahun sans évoquer la complicité de son amante et compagne, Suzanne Malherbe, mieux connue sous son nom d´artiste, Moore. Certaines œuvres résultent d’une collaboration entre les deux femmes, par exemple les dix photomontages repris dans Aveux non avenus (1930), l’œuvre littéraire la plus célèbre de Claude Cahun.

La dimension politique du couple est indéniable, qui fait valoir un individualisme libertaire et un esprit de résistance contre toutes les oppressions (notamment dans la lutte contre l’oc- cupation allemande dès 1940). Elle se manifeste dans leur adhésion active au surréalisme et leur relation avec André Breton, René Crevel, Robert Desnos… Elles se sont aussi liées d´amitié, à différentes périodes, avec Henri Michaux, Adrienne Monnier, Sylvia Beach, Gaston Ferdière, etc., avant de quitter Paris pour l’île de Jersey, en 1938.

Claude Cahun et Moore, Aveux non avenus, planche I, 1929-1930
Collection particulière © Photo Béatrice Hatala



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : claude, cahun, exposition, clich, image, paume, particuli, uvres, artiste, riodes,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  « Argentine, terre du bout du monde » : Photographies de Florian von der Fecht à La Maison des Amériques Latines
L’Argentine est un pays de conquêtes, une terre d’aventures où les pionniers ont toujours repoussé la dernière frontière jusqu’à atteindre le « bout du monde ». Cette exposition vous invite à parcourir ce territoire mythique, emblème des grands espaces. Déserts rouges du grand nord, où prédominent les Andes, creuset des traditions ancestrales des...

    Lire la suite


  Le Labo Photo Rétine de Marseille présente «New York» de Vincent Jendly
Vincent Jendly est né à Fribourg (Suisse) en 1969.

Il a grandi en France et s’est installé à Lausanne en 1994, où il vit et travaille actuellement. Il s’est formé en autodidacte et en 2009, à l’aube de ses 40 ans, il prend le parti radical de changer de vie et de se consacrer entièrement à la photograph...

    Lire la suite


  « New York, des pièces du puzzle » : une exposition de Stéphane Charpe
Impossible de photographier New York sans photographier New York...

New York que chacun a l'impression de connaître à force de l'avoir vue photographiée sous tous les angles et en tous temps, de sorte que même une photo originale semble avoir déjà été rencontrée. De Manhattan aussi, dans l'inconscient collectif...

    Lire la suite


  Bettina Rheims : « Bonkers – A Fortnight in London » at Camera Work
CAMERA WORK is pleased to present the exhibition »Bonkers – A Fortnight in London« of Bettina Rheims starting on September 19, 2014. Having devoted herself to the artistic theme of femininity, self-expression and sexuality, the artist created a series of portraits in 2013 of women in London who, due to their appearance and personality as well as their presence in the media, polar...

    Lire la suite


  La Fundacion Mapfre présente Stephen Shore
FUNDACIÓN MAPFRE présente la première exposition rétrospective sur l’œuvre de Stephen Shore, l’un des photographes contemporains dont l’influence a été la plus marquante.

Reconnu par plusieurs générations d’artistes, il demeure une référence constante et indiscutée des jeunes p...

    Lire la suite


  N’DJAMENA, Tchad : Abdoulaye Barry et Photocamp-Tchad à la Galerie du bar Floréal
C’est une belle rencontre que celle que firent deux des photographes du bar Floréal, André Lejarre et Olivier Pasquiers, en 2013 puis en 2014, à l’occasion de leurs résidences de création à N’Djamena, à l’invitation de l’Institut Français du Tchad dans le cadre d’un projet soutenu par le Fonds franco-allemand «Tombez les murs». La ren...

    Lire la suite


  « Babel » : une exposition d'Eric de Ville à la Galerie Photo 12
Le mythe de la Tour de Babel ne prend que très peu de place dans le livre de la Genèse et pourtant, c’est un sujet qui, au fil des siècles, a beaucoup inspiré et nourrit écrivains et artistes. Preuve en est aujourd’hui encore avec cette interprétation du mythe proposée par le photographe belge Eric de Ville. Fasciné par les techniques numériques, il explore depuis 200...

    Lire la suite


  Exposition de photographies de la prison Saint-Michel à Toulouse : Du passé au présent
L’ex-prison Saint-Michel est un repère à Toulouse: architecture, histoire, mémoire, situation et la ville. Construite en 1862-1872 par le département, la maison d’arrêt Saint-Michel a fonctionné pendant presque un siècle et demi, jusqu’à sa désaffectation complète en 2009. Ce monument au coeur du quartier Saint-Michel ne manque pas d’attirer les regards,...

    Lire la suite


 

INFORMATIONS PRATIQUES

Claude Cahun

Comment s'y rendre ?

Jeu de Paume
1 Place de la Concorde
75008 Paris
France


Localisation

Jusqu'au 25/9/2011

Statut : Expositions terminé







Suivre

 




Je fais de la photo parce que j'ai des convictions.
Cédric GERBEHAYE   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !