|
“On ne photographie pas ce qu’on voit, mais ce qu’on sent, les contours mal définis, un peu flous, mais que l’on reconnaît comme un écho, ou la trace d’un rêve que l’on a déjà fait. Une démarche proche de l’hallucination, la révélation inconsciente, l’évidence ou alors son ombre, plus dense et plus fragile. Tout se concentre dans une seconde d’abandon, le geste suspendu et l’espace qui s’entrouve; la grâce éphémère et troublante de l’intime. De passage. Contrat de durée déterminée, une signature au bas du formulaire, un nom d'emprunt le plus souvent, et pour quelques heures l'accès à quelques draps usés. Ces corps qui passent et se succèdent ne laissent qu'une fugitive trace que même l'oeil ne voit plus : mais une surface plus sensible. Il ne reste qu'une dernière pose à prendre, un dernier cliché à répéter, pour qu'un peu de mémoire puisse demeurer, malgré tout, là où tout n'était qu’oubli.” © Liliroze |
Mots clès / Tags : trace, peu, quelques, voit, corps, uses, draps, passent, acces, laissent, succedent, fugitive, signature, nom, formulaire, emprunt, souvent, heures, meme, bas,
|
|
|