Vincent Debanne - Des Photographes du Politique et de la société
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« C’est une photographie qui émerge, un nouvel aspect de la photographie, pleine de virtuosité et de créativité » Raymond Depardon Station Station associe l’idée du paysage de banlieue comme « devenir du monde »1 à l’idée de « paysage du monde » (Weltlandschaft) des peintures de la Renaissance : un espace allégorique et réinventé, placé ici sous les signes de l’activité, de l’impermanence, de l’accumulation, de la précarité. Ces paysages « hésitants », irréels et visionnaires, et les figures qui y sont rattachées, en quête de sens, produisent le doute, suscitent l’interrogation, à la manière de la peinture métaphysique et anachronique de Giorgio de Chirico. Souvent photographiées de trois-quarts, les personnes paraissent être dans une attitude de prière, le regard porté vers l’extérieur, vers l’infini. Cette attitude est à rapprocher de la position de l’orant, codifiée dans l’art médiéval et qui a longtemps perduré pendant la Renaissance. Les postures de ces voyageurs, souvent de retour du travail, à l’arrêt, un court instant, sur les quais de la « Station », évoquent un destin collectif et l’hypothèse d’une prise de conscience, d’un projet, d’une aventure commune. Des visages qui scrutent à nouveau l’avenir… Un possible retour de l’événement qui, joué hors champ dans ces images, reste indéterminé : catastrophe, révélation ou avènement ? La série Station a pour objet d’inventer les tableaux d’« une histoire contemporaine ». 1 Selon l’écrivain J.G Ballard. Vincent Debanne |
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