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Wu Jialin Aux marches de la Chine Actuphoto.com Photographie
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Wu Jialin Aux marches de la Chine
 
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WU JIALIN , par Marc Riboud

“Si une bonne photographie peut être une surprise autant qu’un plaisir de l’oeil, alors Wu Jialin est un bon photographe.

Notre première rencontre, il y a bientôt dix ans, fut pour moi une première surprise, belle et silencieuse.

Il entra dans ma chambre sans prononcer un mot. Il étala sur mon lit des petites photos légères comme des plumes. Emerveillé, je fis un choix. Il ramassa les photos avant qu’elles ne s’envolent et s’en alla

aussi courtoisement qu’il était entré.

Sans langue commune, dès ce jour, nos échanges, toujours silencieux, restèrent intenses. L’oeil, le plaisir de l’oeil remplaçaient les paroles. Et aujourd’hui, cette préface devrait se limiter à une seule

phrase :

“Regardez lentement, longuement les photos de ce livre, vous trouverez là une recette pour l’amour et le bonheur.” Les photographes que j’aime sont des collectionneurs de bonheur. Et la collection sous vos yeux est particulière, gardez-la précieusement.

Dans ces images vous ne trouverez ni laideur ni monstres, ni violences ni photos choc qui font vendre les magazines. Mais souvent des surprises, de l’humour et même du surréalisme. Son oeil décèle ces surprises dans la réalité, dans la vie. Il ne met pas en scène. Il ne fabrique pas ses images. Il ne triche pas.

Comme les vrais artistes Wu ne prétend pas en être un. Il ne parle pas d’art ou de création. Pourtant il a un style bien à lui. C’est là le signe de l’artiste. Il met sans cesse un acharnement dans son travail pour photographier toujours plus, toujours mieux. Il est un passionné, un solitaire, farouchement

indépendant.

Il y a vingt ans, il a dit sa honte d’avoir eu à faire sourire, pour la photo, des gens tristes et malheureux, et des analphabètes un livre à la main. Il n’aime pas la photo de propagande.

Il aime son pays, il aime sa province et surtout les montagnards du Yunnan. Il connaît leur pauvreté. Il montre leur dignité. Pour lui, où qu’il soit, respecter ceux et celles qu’il photographie est aussi important que d’obtenir une bonne photo. Les montagnards le ressentent ainsi. En retour, ils aiment Wu, on le

sent sur ses photos.

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Il aime les gens, les enfants comme leurs grands-mères. Il se mêle à eux comme s’il faisait partie d’une même et grande famille. Il aime surtout les animaux, presque omniprésents dans ses photographies comme si, sans eux, notre monde serait incomplet, privé d’une part de sa beauté, de sa bonté.

Wu ne prend pas les animaux « de haut ». Il se met à leur niveau, à trente ou quarante centimètres du sol souvent, prêt à les comprendre et on voit bien qu’il préfère les plus humbles, le petit cheval harassé par sa charge, les chiens bâtards, les cochons méprisés en Occident et ici, dans son objectif, malicieux et vifs avec leurs nez retroussés et leur regard coquin.

Regardez ces trois porcs qui font la sieste dans la cour délabrée d’une ferme. Toute l’innocence du monde est là dans ces deux groins tendrement appuyés l’un sur l’autre et ce troisième cochon, abandonné à son sommeil, confiant, ignorant, heureux et poignant.

Wu surprend les animaux dans leur silence, bouches closes, calmes, souvent même immobiles. Ses bêtes se contentent de vivre, occupant avec naturel un espace qui leur revient, un espace qu’ils partagent souvent avec les petits enfants silencieux eux aussi.

Les photos de Wu sont une halte dans un monde soudain débarrassé de ses bruits inutiles, de son agitation, de ses gadgets, un monde où un homme marche à côté de son cheval pour le protéger de la pluie, où la grange la plus misérable devient un havre d’harmonie grâce à ce boeuf paisible qui respire tranquille, si tranquille dans l’encadrement de la porte.

Wu a le courage d’aller à contre-courant, le courage de déplaire en refusant les tentations faciles et les modes passagères. Mais il connaît le monde. Il a vu les musées et les galeries de New-York et de Paris,de Houston et de San Francisco. Ses photos y on été exposées.

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Informations Pratiques

Auteur(s):
Wu Jialin

Lieu(x):
Galerie Fait & Cause
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Du 17/11/2006 au 20/01/2007
(expositions terminée)
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