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Sabine Hornig, Daniel Malhão, Manuela Marques, Jean-Luc Moulène, Paul Pouvreau, Evariste Richer, Rafaël Zarka La photographie, comme les miroirs et les échos, dédouble le réel en le répétant. Ce qui les différencie, c’est l’enregistrement de cette répétition sous forme bidimensionnelle. Vivant parmi les images, nous avons accepté de troquer volume, gravité, dimension, mouvement, temps contre une image photographique. L’écrivain argentin A. Bioy Casarès pousse ce troc diabolique à son paroxysme en créant un mythe de Pygmalion inversé : sur une île lointaine, un homme, par amour compulsif, devient image à l’aide de l’invention de Morel. L’espace du CPIF deviendrait cette île : le lieu où la possibilité d’enregistrer et de projeter des images est présentée sous le signe du dédoublement, de l’inversion et du désir pulsionnel d’une fiction. En effet, l’image enregistrée inverse notre rapport au monde, comme si l’alphabet hallucinatoire des sensations se matérialisait et anticipait sa formation. C’est justement ainsi que se produit un va et vient entre les individus, les corps, les choses, par des glissements dans d’autres dimensions (comme celle du langage, de la physique, du cinéma, de l’architecture, voir même de celle où le spectateur se trouve, l’espace de perception de l’oeuvre). Reprises, inversions temporelles, mises en situation du corps du spectateur ou virtualisation de son devenir-image, sont à l’oeuvre dans les travaux photographiques et sculpturaux présentés dans ce nouveau volet, qui diversifie la première proposition avec des oeuvres nouvelles confrontées à celles qui demeurent et un nouvel invité, Rafaël Zarka. Le deuxième volet de l’exposition poursuit l’inversion de rôles entre l’image et le réel. Si le premier volet soulignait, par ses manoeuvres d’inversion, de réversion et de scansion le fil du temps, le deuxième s’attache davantage aux objets, à la valeur sculpturale d’une surface qui reste pourtant bidimensionnelle. Les sculptures présentées assument une valeur photographique de vestige d’un temps passé et marquent la posture de spectateur, debout, prenant littéralement position face aux oeuvres |