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Paris photo a clos sa onzième édition le dimanche 18 novembre sur de bons résultats malgré une grève des transports commencée dés le vernissage du salon le 14 novembre. L’impact de la grève s’est traduit par une baisse de fréquentation de 20% (32 100 visiteurs en 2007 contre 40 200 en 2006) et surtout l’annulation de la venue de collectionneurs de province et d’Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Belgique) sans oublier certains acheteurs américains pénalisés également par la faiblesse du dollar. L’édition 2007 qui réunissait 104 exposants (83 galeries et 21 éditeurs) de 17 pays avec l’Italie comme invitée d’honneur fut particulièrement riche. La thématique italienne, introduite par l’Exposition Centrale sur la photographie de paysage dans la Collection UniCredit et disséminée au fil des stands des galeries italiennes, françaises ou étrangères, a su révéler une scène en mal de reconnaissance, favorisant la découverte ou la re-découverte d’auteurs classiques tels que Piergiorgio Branzi, Vincenzo Castella, Luigi Ghirri, Mario Cresci, Mario Giacomelli comme de jeunes auteurs présentés dans le Statement : Carlo Valsecchi chez Guido Costa Projects (Turin) dont les vues nocturnes de Palerme opposées à la vision de champs de tournesols (8 tirages entre 10 000 et 12 000 euros) ont toutes été achetées par des collectionneurs français ou encore les places italiennes grands formats couleur de Raffaela Mariniello chez Studio Trisorio (Naples) qui grâce à Paris Photo a pu intégrer la galerie Bonni Benrubi de New York pour être présentée sur le marché américain. On retiendra aussi l’exceptionnel accrochage de Massimo Minini qui présentait un ensemble de portraits d’artistes issus de sa collection personnelle dont aucun n’était à vendre, ainsi que l’hommage rendu aux maîtres néoréaliste italiens des années 1950 (Mario de Biasi, Alfredo Camisa, Fulvio Roiter…) chez Admira de Milan qui a remporté un franc succès avec une centaine de tirages vendus pour un prix moyen de 2 000 euros. Paris Photo 2007 s’est distingué par une offre particulièrement éclectique faisant une large place au contemporain. Aux côtés de beaux ensembles historiques (les clichés primitifs chez Robert Hershkowitz et Hans P. Kraus, le thème du portrait chez Serge Plantureux, les autochromes Lumière chez Daniel Blau, la série d’Otto Steinert sur Paris de 1949 et la photographie tchèque de l’entre deux guerres chez Kicken de Berlin, la période parisienne de Kértész chez Bruce Silverstein…), l’édition 2007 donnait à voir un aperçu de la création contemporaine mondiale : de la Chine (à la galerie Marella) au Japon, de l’Afrique du Sud (avec un accrochage courageux de la galerie Michael Stevenson du Cap) à l’Amérique Latine, de l’Europe aux Etats-Unis. De nombreux moments forts ont ponctué l’édition 2007 : Les multiples signatures de livres, celles entre autres de Gabriele Basilico, Lewis Baltz, Franco Fontana, Mimmo Jodice, Nan Goldin, Martin Parr, la venue de Karl Lagerfeld le soir du vernissage, la remise du Prix BMW – Paris Photo 2007 à l’artiste lauréate tchèque Jitka Hanzlovà représentée par la galerie Kicken (Berlin), le lancement d’un nouveau concours « SFR J eunes Talents – Paris Photo » destiné à mettre en relation des créateurs émergents avec les professionnels du marché de l’art. Autre fait marquant, l’avalanche d’expositions photos, d’événements temporaires suscités entre autres par la mise à l’honneur de l’Italie, qui ont fait de Paris pendant cinq jours la capitale mondiale de la photographie. Des ventes contrastées : Les ventes s’avèrent contrastées en fonction des galeries. Elles furent tantôt en hausse pour les uns, tantôt stables pour d’autres et en baisse pour certains. Une enquête menée auprès des exposants fait apparaître sur la base de 78 réponses que : - 21 œuvres ont été vendues en moyenne par galerie, contre 20 en 2006 - le chiffre d’affaires moyen par galerie est de 96 000 euros en 2007, contre 89 000 euros en 2006 En termes de marché, les ventes de photographies anciennes furent bonnes notamment chez le britannique Robert Herschkowitz qui a cédé une vue de la Cathédrale de York Minster de 1843 à 75 000 euros. La galerie newyorkaise Hans P. Kraus a vendu une dizaine d’épreuves du Vicomte Vigié dans une gamme de prix allant de 10 000 à 180 000 USD. L’enseigne Lumière des Roses (Montreuil) spécialisée dans la photographie anonyme et amateurs du 19e et 20e siècle a augmenté son résultat de 30% par rapport à 2006 avec un chiffre d’affaires total de 45 000 euros, et a vendu à de grandes institutions dont le Moma de New York. En matière de vintages, une photographie de Dune d’Edward Weston de 1936 s’est envolée à 272 000 USD chez Bruce Silverstein (New York), tandis que deux tirages d’époque d’August Sander sont partis à 67 000 euros chacun chez Priska Pasquer (Cologne). Les maîtres classiques italiens se sont également bien vendus : Anne de Villepoix a cédé tous ses Luigi Ghirri, soit 8 dans une gamme de prix allant de 7 000 à 15 000 euros, tandis que Fotografia Italiana a vu partir tous ses paysages de Mario Giacomelli des années 1960 entre 5 et 10 000 euros. Pour le contemporain, dont les ventes ont été en dent de scie, on note les excellentes performances des galeries Martin Asbaek (Copenhague) qui a doublé son chiffre d’affaires avec 40 œuvres vendues de ses artistes Trine Sondergaad, Nicolai Howalt et Ebbe Strup Wittrup pour un prix moyen de 4 000 euros ; Les Filles du Calvaire (Paris) avec 60 pièces vendues dont un Paul Graham à 40 000 euros ; Fifty One Fine Art Photography (Anvers) avec 30 œuvres négociées entre 3 000 et 15 000 euros ; Robert Miller (New York) qui a vendu 20 pièces dont un Bill Henson à un acheteur australien à 35 000 USD ; Bonni Benrubi (New York) qui totalise 30 pièces vendues dont les vues prises à la camara obscura d’Abelardo Morell parties entre 15 et 20 000 USD ; ou encore Kudlek Van Der Grinten (Berlin) avec 40 œuvres achetées par des collectionneurs américains, canadiens et suisses dont les mises en scènes fantasmagoriques d’Izima Kaoru négociées à 16 000 euros. Le livre photographique: Avec une participation record de 21 éditeurs à Paris Photo, l’intérêt pour le livre photographique ne faiblit pas. Parmi les ventes de livres remarquées cette année, Denis Ozanne a cédé un exemplaire rare de Dutch Details d’Ed Rusha de 1960 au prix de 25 000 euros, tandis que Toluca réalise son meilleur chiffre d’affaires depuis sa participation à Paris Photo avec notamment 3 exemplaires vendus 8 500 euros pièce de la Solitude de l’œil de Daido Moriyama et 13 exemplaires cédés à 6 500 euros pièce de No-One de Yutaka Takanishi. La prochaine édition de Paris Photo se tiendra au Carrousel du Louvre du 13 au 16 novembre 2008 et pour la première fois abordera les rives de l’Asie en mettant le Japon à l’honneur.
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