Erwin Blumenfeld Précurseur de la couleur et célèbre photographe de mode Le 2008-11-05 23:59:26
Partager:
La galerie Esther Woerdehoff est très heureuse de présenter en exclusivité au public parisien l’exposition des tirages restaurés des photographies couleurs d’Erwin
Blumenfeld réalisées dans l’immédiat après-guerre.
Cette exposition est la première présentation des photographies couleurs
d’Erwin Blumenfeld (1897-1969) suite au long travail de restauration effectué sur les originaux abîmés par le temps.
Né à Berlin, Erwin Blumenfeld s’établit aux Pays-Bas puis en France où, son
talent d’artiste d’avant-garde reconnu, il publiera ses premières photographies dans les grands magazines de l’époque. La vie et l’oeuvre de Blumenfeld suivent les aléas de l’histoire européenne jusqu’à ce qu’il parvienne à fuir la guerre pour l’Amérique en 1941. C’est à New York qu’il devient l’un des photographes de mode les plus
importants de sa génération.
Si les photographies présentées ont été réalisées en Amérique, leur mise en scène et leurs effets demeurent sous l’influence directe de la photographie européenne des
années 20-30 et des mouvements artistiques tels que Dada et le Surréalisme.
Le passage du temps avait affadi ces images, la restauration numérique est
parvenu à restituer leurs couleurs d’origine et à redonner enfin à ces photographies de l’élégance féminine l’éclat qu’elles méritent.
La vie du photographe Erwin Blumenfeld se déroule entre Berlin, Amsterdam, Paris et New York. Le départ d’Europe marquera le passage de la photographie noir et blanc à la couleur. Né à Berlin en 1897 dans la bonne bourgeoisie juive, le petit Erwin reçoit son premier appareil photo à dix ans. Après le traumatisme de la première guerre mondiale où il part au front comme ambulancier alors que son frère y perd la vie, sa jeunesse se passe entre le rejet de la bourgeoisie dont il est issu et son intérêt pour l’avant-garde artistique européenne. Ami de Paul Citroën et de George Grosz, il s’initie en autodidacte à la photographie, au dessin et au collage. La découverte, en 1932 à Amsterdam, d’une chambre noire délaissée dans sa boutique de sacs à mains, va
définitivement changer sa destinée et il deviendra ainsi l’un des photographes de mode les plus célèbres de sa génération.
L’accession de Hitler au pouvoir, qu’il exprime par un photomontage à tête de mort, provoque la chute de son commerce de maroquinerie et, par désoeuvrement, il
commence à faire poser ses belles clientes devant l’objectif. Le hasard des rencontres et la crise économique lui font bientôt quitter les Pays-Bas pour tenter sa chance à Paris où l’essor de la presse illustrée donne des ailes aux photographes. Arrivé « sans passeport, sans argent et sans famille », tirant gratuitement le portrait du Tout-Paris pour se construire une réputation, Blumenfeld parviendra rapidement à publier ses photographies dans les meilleurs magazines de l’époque : Arts et Métiers Graphiques, Verve, Vogue, Harper’s Bazaar, Life ...
Il photographie ainsi Le Dictateur, statue de Vénus surmontée d’une tête de veau, une composition qui sera reprise en peinture par Picabia. Surimpression, répétition,
fragmentation, solarisation se retrouvent au fil de ses images et les influences
artistiques de Dada, du Surréalisme et de photographes tels Man Ray le
poussent à jouer avec des innovations qui se retrouveront ensuite dans les
compositions plus classiques des photographies commerciales. Surpris par la
déclaration de guerre, recherché par la police française puis par la Gestapo,
prisonnier des camps d’internement pour étrangers, Blumenfeld parvient à quitter la France avec sa famille et trouve refuge à New York accompagnant cette émigration artistique et culturelle qui fuit l’Europe en guerre. Il partage un temps l’atelier de Martin Munkacsi avant de s’établir au 222 Central Park South et devient rapidement un des photographes les plus reconnus et les mieux payés de sa génération,
travaillant pour Vogue, Harper’s Bazaar et la publicité. Erwin Blumenfeld décède à Rome en 1969, quelques semaines après avoir achevé son autobiographie,
Einbildungsroman, parue en France sous le titre Jadis et Daguerre. Presque tombé dans l’oubli aux Etats Unis, son travail est mieux connu en Europe où ses
photographies sont régulièrement exposées.
Erwin Blumenfeld raconte comment, lors d’une visite au musée, il découvre,
adolescent, les femmes peintes par Cranach et Boticelli : «Je me vouais, résolument, virilement, aux fétiches de ma vie : yeux, cheveux, seins, bouche». Fasciné par le corps féminin, il en fait le sujet principal de ses photographies, dans les tentatives surréalistes de l’entre-deux guerres comme dans l’application commerciale de la
photo de mode, cette « Foire de la vanité ». Ses femmes n’ont pourtant pas la
perfection artificielle des modèles d’aujourd’hui ; images de l’élégance au service de la publicité, elles existent aussi par leurs imperfections qui affleurent en surface de la photographie : un grain de peau irrégulier, l’ombre d’un duvet, une ridule, de nos jours rendues invisibles sur les images glacées de la presse féminine. Refusant de montrer la réalité telle qu’elle est, il met en scène ses modèles sous les spots du studio puis recadre, solarise, surimpressionne, joue des miroirs, du décor et des accessoires pour inventer des beautés atemporelles, figures de l’éternel féminin. Parues dans les grandes revues de mode de l’après-guerre, ces photographies figent pour l’éternité les figures de Grace Kelly, d’Audrey Hepburn ou de modèles désormais oubliés.
La fragilité intrinsèque de la photographie couleur au passage du temps se pose de manière aggravée dans le cas des procédés des années quarante et le statut
commercial des images d’Erwin Blumenfeld n’a pas facilité leur conservation.
Nadia Blumenfeld-Charbit, petite-fille du photographe, a souhaité, soixante ans après, retrouver les couleurs d’origine et ce long travail de restauration a été confié à
Olivier Beer et Philippe Massat, du laboratoire parisien Vimagie. Les positifs couleurs originaux conservés par le photographe ont ainsi été numérisés puis nettoyés et on a cherché à restituer les tonalités du tirage d’origine en s’appuyant sur les impressions parues dans la presse magazine, quand elles existaient.
Issues des séries réalisées à la demande des magazines ou de leurs annonceurs, ces photographies répondaient à des exigences spécifiques : le cadrage devait laisser sa place à la typographie et les directeurs artistiques exerçaient leur pouvoir au point où il est parfois difficile d’identifier la volonté première du photographe. La couleur retrouvée, vibrante, déstabilise parfois des regards qui au fil des années et des
publications se sont habitués à une patine délavée. Les teintes que le temps et la température avaient fait virer au rose et à l’orangé retrouvent leur nuances d’origine, une robe que l’on croyait grise se révélera verte et le voile du temps disparaît.
Deux portfolios de tirages grand format seront édités à l’occasion de cette exposition, en souvenir des portfolios de Vogue qui firent connaître ses premiers succès parisiens à Erwin Blumenfeld dans les années trente et de celui publié par F.C. Gundlach,
acquis à l’époque par de nombreux institutions et collectionneurs. Erwin
Blumenfeld accordait beaucoup d’importance à la justesse du tirage et de l’impression afin de ne pas perdre l’éclat des teintes de ses images. Ses
photographies sont exposées soixante ans plus tard, leur couleurs enfin retrouvées.
Elodie Guinard, photographe, expose une série de photo intitulée Narcisse à la galerie Hautefeuille. Elle y met en scène des jeunes filles diaphanes dont le corps porté par l'eau rappel la figure d'Ophélie. A travers ce travail, elle tente de mettre au jour une relation apaisée, harmonieuse avec le monde qui nous entoure.
Laurent Pernot (né en 1980) explore, expérimente, déplace. Après sa Maîtrise Photographe et Multimédia obtenu à Paris VIII, il a clôturé ses études par le post-diplôme du Fresnoy studio national des arts contemporains. Par l’usage de dispositifs d’installations, de la photographie, de la vidéo et des no...
Exposition présentée dans le cadre de la biennale Danses Caraïbe avec le soutien du Département Afrique et caraïbes en créations de CULTURESFRANCE - Ministère français des Affaires étrangères.
Danseurs d'Afrique : Depuis six ans Antoine Tempé suit les plus grands danseurs contemporains africains, s...
Nadav Kander, who has received numerous international awards, most recently won the prestigious photo prize Prix Pictet, including in the short list, Andreas Gursky, Ed Burtnsky, Ed Kashi among others. In the same year, he was also awarded the Lucie Award 2009 for best international photographer. For many years, Kander's photographs have been an integral part of distinguished collections such a...
The series »Obama's People«, developed in 2008, focuses solely on the administration - members of the cabinet and closest staff members - of the current President of the United States of America, Barack Obama. The outstanding 53 portraits depict, among others, U.S. Secretary of State, Hillary Clinton and Barack Obama's Chief of Staff, Rahm Emanuel. This series of photographs...
Cela fait un an que je côtoie les jeunes lao d'Orléans.
A la demande de la communauté laotienne qui souhaitait documenter ce voyage et en partenariat avec le Secours Populaire, j'ai suivi l'évolution de ces vingt adolescents dans leur projet de retour au Laos. Sensible aux questions de transmission des cultures parentales, j'ai essayé de dresser ici le p...
avec Aliocha, Bruno Dumont, Christian Ertel, Emmanuel Flipo, Francesco 10,
Schirin Kretschmann, Etsuko Kobayashi, Sébastien Lecca, SUisse Marocain, Albert Weis
Je ne vois que la photographie qui puisse, autant que le baiser, faire surgir de ce que nous croyons une chose à aspect défini les cent autres choses qu'elle est tout aussi bien, puisque chacune est relative à une perspective non moins légitime.