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Chroniques Nomades 2005 : 10ème festival de la photographie de voyage et d’aventures à Honfleur et Trouville Pour son dixième anniversaire, Chroniques Nomades se régionalise. A côté de Honfleur, son port d’attache, le festival s’installe également à Trouville, investissant un nouveau territoire pour des expositions plus nombreuses et surtout déconcentrées, présentées dans des espaces plus diversifiés. Alors que s’est réuni à Grenade, à l’initiative de l’Unesco, un collège d’experts chargé de la difficile conciliation entre l’afflux des visiteurs et la préservation du patrimoine mondial historique ou naturel, Chroniques Nomades continue d’interroger les raisons qui poussent les hommes, touristes, exilés, acteurs de l’économie mondialisée, à parcourir toujours plus massivement leur planète. Sachant que huit cents millions de visiteurs sillonnent le monde chaque année et que leur nombre devrait doubler d’ici à 2020, la question se pose du rôle des photographes-voyageurs dans la prise de conscience des conséquences de ces déplacements massifs, dans l’élaboration d’autres modèles de voyage, plus respectueux des liens sociaux et des ressources naturelles. Poser la question du « dépaysement » véritable, c’est-à-dire d’une expérience de l’autre, de sa différence et donc de notre propre identité, c’est ce que Chroniques Nomades, festival dédié à la photographie DU voyage, s’attache à faire depuis sa création, à l’écart du torrent d’une imagerie nourrie d’exotisme et de spectaculaire. Toujours en prise avec le monde actuel sans pour autant être dépendante de l’actualité, la programmation, cette année, fait une place particulièrement importante aux problèmes sociaux, culturels, écologiques avec Lizzie Sadin qui a enquêté sur les mariages de petites filles en Ethiopie, avec Pascal Grimaud qui a vécu avec la communauté comorienne à Marseille, le collectif Argos qui s’est engagé dans un vaste travail sur les réfugiés climatiques à travers le monde, Jiang Jian et ses portraits d’orphelins chinois, Patrick Brown qui a suivi la piste des trafiquants d’animaux sauvages en Asie, Zhuang Xueben qui a photographié dans les années 30 la minorité ethnique des Qiang, menacée de disparition. La route, le voyage comme traversée d’un territoire sont bien sÛr présents cette année encore : Florence Joubert a arpenté une Patagonie autant rêvée que réelle, Claude Iverné a participé aux caravanes qui suivent la mythique Piste des Quarante jours au Soudan et en Egypte, Frédéric Lecloux a rendu hommage à Nicolas Bouvier en se « laissant aller » sur ses traces, Nicolas Bruand nous fait partager sa fascination pour la route, ce ruban sans fin qui défie le voyageur, tandis que Cédric Helsly nous invite à sourire des mésaventures de L’Homme qui marche. Olivier Föllmi continue pour sa part à moissonner les sagesses du monde qui se livrent à qui sait les voir. Quant à Jean-Christophe Ballot, il pose sur le désert australien un regard oblique et inattendu. Enfin, un hommage est rendu à Henry de Monfreid dont l’oeuvre littéraire a jusqu’à présent occulté l’oeuvre photographique d’une surprenante diversité puisqu’il oscille entre deux pôles de la photographie : le reportage pur en noir et blanc et une conception très plastique de la couleur. Claude Geiss Directeur artistique du festival |