inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous    Français English Espanol Italia Deutsch   

 
Rubrique(s) : expositions, > WILLIAM EGGLESTON, SPIRIT OF DUNKERQUE exposition
reduire la police Agrandir la police  


WILLIAM EGGLESTON, SPIRIT OF DUNKERQUE exposition
Le 2007-12-08 16:29:09

Partager:


g William Eggleston, Spirit of Dunkerque

Du 11 juin au 29 octobre 2006, le LAAC, lieu d’Art et Action contemporaine de

Dunkerque, présente l’exposition exceptionnelle William Eggleston, Spirit of Dunkerque.

Elle regroupe une série unique et inédite de 40 photographies réalisées à Dunkerque à l’automne 2005 par l’un

des plus grands photographes américains contemporains!: William Eggleston. L’exposition est complétée par

une carte blanche donnée à l’artiste, choix d’oeuvres dans les collections du LAAC et enrichie par des oeuvres du

Frac Nord-Pas de Calais.

«!Je mène la guerre à l’évidence!»

William Eggleston est considéré comme «!le père de la photographie couleur!». Dans les années 60,

alors qu’il se plaçait sous l’influence d’Henri Cartier-Bresson, il rompt avec la tradition!: l’artiste abandonne le noir

et blanc qui caractérise la photographie artistique de l’époque au profit de la couleur. Il ne créé aucune

hiérarchie entre les sujets et «!photographie démocratiquement!»1. Eggleston s’attache à observer les traces

laissées par ses contemporains et revisite ainsi notre perception du quotidien et de l’anodin. De ses cadrages et

de l’éclat de la couleur surgit une esthétique et parfois un trouble, voire un sentiment d’étrangeté. C’est grâce au

regard si singulier qu’il porte sur le monde qu’Eggleston a profondément marqué des photographes et des

cinéastes de la nouvelle génération, de David Lynch à Sofia Coppola.

L’artiste américain répond très rarement à des commandes. Cette exposition est donc un événement

exceptionnel, fruit d’une conjonction providentielle. Ouvert en juin 2005, le LAAC cherche à tisser un dialogue

entre sa très riche collection d’art des années 1950 - 1980 et l’art actuel et à interroger le territoire par des

invitations et des commandes à des artistes internationaux. Cette volonté a croisé le désir avoué de Vincent

Gérard, co-réalisateur du film By the Ways, a Journey with William Eggleston, d’inviter William Eggleston à

Dunkerque et la curiosité de celui-ci pour cette ville mythique, haut lieu d’histoire et de combats.

Le photographe a occupé la ville, sillonné les plages et le port, il s’est fondu dans les lieux de vie au milieu des

habitants et a découvert avec fascination l’univers dantesque de l’industrie lourde. Ce débarquement était

heureux!!

L’artiste a par ailleurs choisi des oeuvres majeures de la collection du LAAC qui résonnent avec sa

sensibilité. Les peintures de Karel Appel, de Sam Francis ou de Joan Mitchell vibrent par leur couleur.

L’Accumulation de robinets d’Arman ou la Valise expansion de César portent un regard décalé sur le monde,

tandis que l’oeuvre de Gérard Schlosser fait écho à ses cadrages surprenants.

Avoir choisi d’entraîner William Eggleston dans l’histoire du LAAC n’est pas anodin.

C’est un geste fort. C’est aussi une aventure croisée qui peut transfigurer l’image de ce territoire.

Commissaire de l’exposition!: Vincent Gérard

Aude Cordonnier, Conservateur en chef des musées de Dunkerque

Site Internet officiel de William Eggleston!: Consulter le lien

L’exposition William Eggleston, Spirit of Dunkerque, n’est pas une exposition thématique, même

si le centre émergent en est le portrait de Dunkerque. Sans thème parce qu’il n’y a tout simplement pas

de thème dans l’oeuvre de cet artiste, qui a d’ailleurs lors d’une importante étape de son travail

dénommé sa démarche «!Démocratic Forest ».

Dunkerque, ville historique, industrielle et portuaire, reconstruite dans les années cinquante (avec un

rare souci des architectes à éviter l’érection de tours ou de buildings), donne à l’imaginaire des artistes

de passage, résidents ou pour le cas «!invités!», une porte ouverte à maintes pistes de travail.

Koudelka en son temps s’acharna à tracer des lignes et des ombres noires et «!nordiques!» lors de son

travail sur l’industrie d’acier de ladite cité, même si son impression d’homme de l’Est guida sans aucun

doute la réminiscence de sa propre histoire d’artiste dans les clichés qu’il réalisa!; il resta cependant

stupéfait par cet!«!enfer noir magnifique!».

La venue de William Eggleston à Dunkerque est une expérience en soi. L’homme, rétif à la relation

sociale, au paraître contemporain, libre dandy du sud américain (Memphis, Tennessee!: son lieu de

naissance et de résidence), archéologue en titre de l’histoire contemporaine américaine (s’il en est), a

inventé une seule et unique chose!: photographier ce qu’il y avait devant lui et pas forcément devant

nous. Il invente ainsi des angles obliques et des macros inattendues sur les objets, les êtres, les

plantes, avec le même non souci de classification pour chacune de ces scories de l’existence humaine!:

détachement, ironie, cruauté sans doute, mais composition artistique avant tout.

Aussi le parcours de cette exposition passe par la prime nécessité de parler un peu des photographies

de cette série unique (la dernière en date visible de l’artiste).

Il est tout d’abord important de noter que l’espace faisant front au Nord qui s’étale de l’Ouest (la

zone industrielle) au l’Est (la proche frontière de la Belgique), est circonscrit à des vagues différentes!:

mer, architecture, urbanisme, vestiges historiques, et même simplement matière (entendez par là

matériaux). Ce relief est ainsi la surface même de cette série. Naturellement, comme à son habitude,

William Eggleston s’est vite détourné de donner à voir une représentation uniquement sociale ou dans

ce cas uniquement côtière de la ville. A ce titre, la mer n’apparaît que rarement dans les percées

desdits clichés.

La chose qui émerge, pour préciser le tir c’est la matière de la ville et de ses reliefs sur laquelle s’est

posée la lumière ascendante de ces fins d’après-midi d’octobre 2005!: aplats, volumes, profondeurs,

lignes, couleur(s)!!

Les photographies, si l’on peut les nommer individuellement, sont certainement inégales dans leur force

esthétique. Mais c’est justement cette inégalité qui prévaut dans la force de cette série, comme chez

Piero Della Francesca où une fresque retentira par le visage effaré d’un homme sur un cheval accolé à

un large aplat «!abstrait!», mimant marbre ou ruisseau en perspective (début de la perspective en

l’occurrence). Et c’est justement en cela que les photographies de cette série, pour ne pas dire de

l’oeuvre entière d’Eggleston, composent et proposent une paradoxale harmonie, jusqu’à troubler

l’identification même de la ville – Dunkerque- commanditaire de son portrait.

Les arrière-cours, saisies dans leur simple dessin graphique,!contrebalancent le regard entre le dehors

et le derrière ; les containers sont déclinés en paysages ou en aplats abstraits ; les aciéries - en jardin

infernal - fer de lance industriel de France et de Dunkerque rugissent comme les séquences

mouvementées d’un même temps. Musique!? Une suite à la Jean-Sébastien Bach, peut-être,

contrepoint usité maintes fois par l’artiste, qui est d’ailleurs un grand et original interprète du

compositeur, ou évoquent peut-être l’histoire ( les allemands ont occupé Dunkerque ) mais sans aucun

pathos, des rails recouverts d’herbes, photographiés en perspective comme dans une toile

impressionniste. Ici le corps d’une femme assise, scindé par le haut et le bord droit du cadre, comme

dans un film américain, buvant son soda à une table, anonyme et universelle, ailleurs un marché, sur la

place du Théâtre, réduit à une botte rose devenant le simple objet du regard. La représentation renvoie

à la forme des choses, fussent-elles dérisoires et matérielles. Le port n’échappe pas non plus à ce

regard oblique composant une cartographie abstraite des lieux où maints tubes rouillés balisent, par les

différents points de vue du photographe, l’axe du regard. Voir et regarder!!

Nous pourrions dire!: mais voir et regarder quoi!? Tout et rien!! Le passage du photographe décale le

regard vers autre chose, évidemment invisible!: le monde, la forme du monde, la couleur du monde, ses

contradictions, spectaculaires ou anodines. Rien n’est à voir, tout est à voir!! Le langage de William

Eggleston donne des voies à ce regard, le sien et naturellement la direction de la voix de l’artiste!: les

photographies, comme représentations, uniquement ! Le monde est un moment provisoire dans notre

ironique présence au temps. La beauté est incapable de lutter contre notre fugace matérialité. C’est

peut-être cela, qui humblement peut nous faire passer d’un lieu à un autre, d’un angle de vision ou de

pensée à un autre, d’une émotion à son contraire.

William Eggleston, Spirit of Dunkerque a cette force de recomposition du monde chère au photographe

qui interpelle notre propre liberté, différente et spectrale, et sans aucun doute spirituelle.

Vincent Gérard,

Commissaire délégué de l’exposition

Agence Observatoire

Hélène Dalifard tél.01 43 54 87 71 Contacter Consulter le lien

Julia Dorner tél. 06 62 72 08 05 Contacter

Direction des musées

Aurore Delebarre tél. 03 28 29 56 06 Contacter

   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire


Code de sécurité

Code de validation






Mots clès / Tags : artiste, eggleston, dunkerque, william, href, exposition, regard, monde, ville, meme, photographies, peut, couleur, laac, sans, histoire, serie, voir, ailleurs, lieu,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Laos, retour au pays des ancêtres et des esprits - Malik Nejmi

Cela fait un an que je côtoie les jeunes lao d'Orléans.
A la demande de la communauté laotienne qui souhaitait documenter ce voyage et en partenariat avec le Secours Populaire, j'ai suivi l'évolution de ces vingt adolescents dans leur projet de retour au Laos. Sensible aux questions de transmission des cultures parentales, j'ai essayé de dresser ici le p...

    Lire la suite



  Barbès pas grave - Exposition photo

BARBES PAS GRAVE

avec Aliocha, Bruno Dumont, Christian Ertel, Emmanuel Flipo, Francesco 10,
Schirin Kretschmann, Etsuko Kobayashi, Sébastien Lecca, SUisse Marocain, Albert Weis

...

    Lire la suite


  Ambiance Saharienne de Philippe Rinjonneau

Exposition photo

...

    Lire la suite


  Notre histoire Bosnie-Herzégovine 1992-1995 Galerie agnès b.

L’intitulé «Notre histoire» dit l’expérience partagée, les émotions et les souvenirs, l’histoire de l’Europe contemporaine, l’histoire d’engagements qui décident d’une vie.
Cette histoire appartient à tous, elle s’incarne dans le Centre André Malraux, qui a célèbr&ea...

    Lire la suite



  Bacchanales in Cantal Alix Delmas

Bacchanales in Cantal est presque le titre d’une chanson, un titre sonore.
Bacchanales est un appât qui vous prépare et vous met dans un état poétique.
In Cantal est le lieu des scènes photographiées. Alix Delmas passe depuis 15 ans ses étés dans le pays.
Il est question dans cette exposition de renversemen...

    Lire la suite



  DIGNITÉ Droits humains et pauvreté exposition de photographies

Dignité, fondé sur une campagne mondiale d’Amnesty International :
« Exigeons la dignité », est un projet photographique sur le rôle central des droits humains dans la lutte contre la pauvreté par Philippe Brault, Guillaume Herbaut, Jean-François Joly, Johann Rousselot, Michael Zumstein, d’Œil Public.<...

    Lire la suite



  « Et nous te deroulerons des tapis de jardins » Tami Notsani

Première exposition personnelle en France de Tami Notsani. Le temps est une notion importante dans l'oeuvre de cette artiste qui développe ses projets au long cours jusqu'à connaître son ‘sujet’ intimement. En photographiant sur plusieurs années des lieux et des personnes proches, elle retranscrit leur métamorphose au l du temps. Pour cette ...

    Lire la suite



  K-NARF « WONDERLAND TRIP » exposition/installation

La boutique Issey Miyake rue Royale confie son espace création à l’artiste K-NARF qui y emménagera pendant près de deux mois son atelier. Résident au Japon, il viendra le temps d’une escale à Paris envahir l’espace avec une série de Photograffiti issus de son dernier livre intitulé “WONDERLAND TRIP” (Clear Edi...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

William Eggleston

LAAC

59140 Dunkerque 
France

Voir tous les lieux

Du 11/06/2006 au 29/10/2006

Statut : expositions terminée









 




« Demain, je crois que je vais me nommer Duane Michals JACKSON !!! ».
Duane Michals   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l''actualité photo !