Evenement : Le Centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson Cliquez ici
Michel Eisenlhor « Portraits posés entre tradition et modernité » A travers l’Afrique de l’Ouest Actuphoto.com Photographie
reduire la police Agrandir la police  


Michel Eisenlhor « Portraits posés entre tradition et modernité » A travers l’Afrique de l’Ouest
 
g
Jeune auteur photographe, je me rends depuis plusieurs années en Afrique de l’Ouest, principalement au Burkina Faso dans le village de Markoy, situé à la frontière du Mali, dans la partie Nord du Pays. Ce village, qui constitue un axe prioritaire dans les voies de communication par la route entre ces deux pays, est une plaque tournante du commerce où de nombreuses ethnies se côtoient dans le calme et le respect (Mossis, Peuls, Bobos, Gourmantchés, Touaregs, Bellas, Mandés, Gourounsis). Il est caractérisé par un marché important chaque semaine, véritable scène photographique.

La première série de portraits au village de Markoy (2005)

Mon intention première était d’organiser une rencontre photographique avec certains habitants du village dans la lignée des portraitistes africains (Samuel Foso, Malik Sibide…), mais dans des décors de plein air ou naturels et non pas dans des studios.

Dès mon arrivée, j’ai pu solliciter les habitants directement et commencer mon reportage. Un cérémonial s’est alors mis en place. Vêtus de leurs plus beaux habits (généralement des costumes de fêtes), une quinzaine de villageois seuls ou en famille, se sont prêtés pendant une semaine à la séance de prise de vue. Une réelle complicité s‘est installée avec les « modèles ».

Le mélange de spontanéité et de solennité montré par les villageois m'a fait mesurer la différence avec le sujet photographié en terres occidentales submergées par la présence banalisée de l’image.

La première série de portraits au village de Markoy (2006)

Ce travail de portraits posés m’a incité à entreprendre un travail plus élargi de recensement photographique dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou. Avec l’aide du Centre Culturel Français qui a permis la mise en relation avec les habitants et dont le site même a servi à la réalisation des prises de vues, un nouveau jeu photographique s’est opéré avec cette fois ci des personnes plus aisées, vêtus de costumes de villes ou de travail, mais conservant la même attitude presque gênée et naturelle face à l’image. Chaque personne photographiée s’est vue remettre un polaroid.

Les personnes ou familles qui se prêtent généreusement à ce jeu à la fois grave et ludique, conscientes d’être ainsi considéré comme « modèle », transforment vite la séance de prise de vue en un rituel pointant vers le sacré. L’image recelant encore pour ces personnes toute sa portée et sa magie, au-delà d’un souci esthétique ou d’une beauté subjective, ces portraits représentent pour elles la trace de leur présence, attestant en toute légitimité de leur place et de leur importance.

Ces portraits se révèleront comme autant de témoignages précieux à la fois aux plans artistique, sociologique, ethnographique et culturel.

Il s’agit à travers ce projet photographique, d’approcher d’autres civilisations, d’autres cultures en elles-mêmes, sans les évaluer à la toise des critères intellectuels et esthétiques des occidentaux. Bien que s’inscrivant dans la pratique du portrait posé de la fin du XIXe siècle, il s’agisse ici de s’affranchir d’une certaine distance entre photographe et modèle, d’acquérir une certaine transparence vers une esthétique du portrait plus fluide, plus authentique et humaine.

En reprenant Victor Segalen, je dirais que la prise de vue devrait permettre « de savourer d’un point de vue sensuel et intellectuel, cette sorte de va-et-vient indispensable entre sa propre spécificité et la particularité de l’autre ». Ce mouvement est un moyen d’approcher la connaissance du monde dans sa diversité. D’un point de vue esthétique, c’est une manière de percevoir le beau et d’en jouir grâce à un recul comparable à celui que l‘on opère pour regarder un tableau.

Ainsi les images photographiées ne sont pas des images plus exactes que les autres. Ce sont avant tout des images « transparentes » à travers lesquelles nous voyons ce qui fut photographié. La photographie est une aide à la vision, à la connaissance, comme peut l’être le microscope ou le télescope. Elle nous fait voir des aspects qui ne sont pas ou plus en notre présence. Situation de passage qui prend d’autant plus son importance en Afrique où les traditions résistent fébrilement à l’explosion du monde moderne.

Une exposition a présenté les premiers travaux en février 2006 au Centre Culturel Français de Ouagadougou.Une autre exposition a été réalisée à la galerie Africum Vitae à Marseille ainsi que à la maison du tourisme de Biot, dans le cadre du festival photographique de Nice. Ce travail de portrais loin d’être exhaustif sera perpétué au cours de mes prochains voyages en Afrique de l’Ouest.

Mots clès / Tags : photographique, vue, village, portraits, travail, culturel, autres, pas, images, presence, habitants, fois, premiere, etre, mon, personnes, image, ainsi, afrique, markoy,

 
 


Informations Pratiques

Auteur(s):
Michel Eisenlohr

Lieu(x):
Lucinaire
Consulter l'annuaire des lieux photo

Du 11/02/2007 au 29/01/2007
(expositions terminée)
Consuler le calendrier







 

 


Envoyer à un ami
S'inscrire à la newsletter
Recevoir les alertes emails
Glossaire photo
Réagissez à cet article
Ajouter votre actualité

 



Les dernières news

Robert Dance, John Russell Taylor Glamour of the Gods
Timm Rautert Josef Sudek, Prag 1967
Fabien Baron Liquid Light 1983 – 2003
Hiroh Kikai Asakusa Portraits
David Bailey - Is That So Kid
Karl Lagerfeld You Can Leave Your Hat On
William Christenberry : Working from Memory - Collected Stories
Saul Leiter - Steidl
Saul Leiter Early Color - Second Edition
JH Engström CDG/JHE
Berenice Abbott - Steidl
Soiree Lancement de la Revue de CRIME ET CHATIMENT / Oeil Public
Cairoscape - Images, Imagination and Imaginary of a Contemporary Mega City
Hadrien Picard - d'un cadre à l'autre
12ème Quinzaine Photographique Nantaise
Anya Maysuk « Le dernier l’été de l’enfance »
Visa pour l'image - Editions limitées Spécial 20 ans !
Denis Darzacq au pavillon carré de baudouin
Le Prix des Assistants Photographes 2008 Thème : Libre
Salon de la photo édition 2008 - Invitation gratuite
AustinTX Fashion Magazine N°4 par Lise Sarfati
3ème PhotoMarathon de Nice
Mouvements Mécaniques / Try Harder
Denis Baudier - La couleur des livres
Lancement de la revue des collectifs à Visa