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Hichem Driss Katia Feltrin Bruno Fournier Myriam Guitard Wen Ti Vernissage jeudi 29 mars 2007 à partir de 18h30 Cinq plasticiens et photographes, Hichem Driss, Katia Feltrin, Bruno Fournier, Myriam Guitard et Wen Ti revisitent la thématique du « nu » à L’Espace Rose de la créatrice de mode chinoise Bei qui vient d’ouvrir un vaste showroom à Pékin où elle espère bientôt consacrer un espace dédié à l’art contemporain. Le terme « nu » appartient au vocabulaire des Beaux-Arts depuis le XVIIe siècle. A travers l'histoire, il est le miroir des implications psychologiques, philosophiques, religieuses et esthétiques du corps dans les sociétés ; Depuis la préhistoire, la représentation du corps évolue. Pour les femmes, le visage et les détails sont minimisés alors que les seins, le ventre et le sexe sont accentués (cf. Vénus de Willendorf, aux seins pesants et aux hanches démesurées). Dans l'Antiquité, les artistes grecs étudient l'anatomie et les proportions, et les représentations figées font place à expressions de plus en plus réalistes. On s'attache alors au mouvement et aux poses plus naturelles. Pour cela, on évite la symétrie des mouvements (par le contrapposto). Les efforts anatomiques et la progression des techniques de sculpture amènent alors à un apogée du réalisme dans la représentation du nu. On note toutefois par la suite un retour à l'instinct naturel d'exagération du corps. En Occident, la représentation du nu au Moyen Âge est souvent un rappel de la condition mortelle et imparfaite de l'homme, en rapport avec le péché originel. Dans les représentations des enfers sur les tympans des églises, on trouve fréquemment des personnages nus, dont les parties génitales sont dévorées par des griffons, des serpents, des scorpions… De même, les représentations d'Adam et Ève prennent parfois – mais pas toujours – la forme de nus. Dans l'imagerie sacrée, la nudité reste pourtant rare, et il faut attendre le XVe siècle pour qu'un certain essor ait lieu. A la Renaissance, le nu devient un sujet à part entière. Les corps, également figés au début, ont évolué à l'instar de ceux de l'Antiquité. Ces deux caractéristiques (musculation et mouvement) furent améliorées par l'étude des maîtres anciens mais surtout par la recherche anatomique sur modèles vivants ou cadavres, comme le fit Léonard de Vinci. Le nu féminin, tout en exprimant un idéal de beauté, commence à traduire un érotisme, qui posera quelques problèmes dans la réception des œuvres en raison des mentalités qui n'étaient pas prêtes à accepter ce type de représentation. Les artistes durent trouver toutes sortes de stratagèmes pour que la nudité n'entraîne pas le rejet de l'œuvre. Soit la pose elle-même masquait ce qu'on ne voulait pas montrer, soit un cache-sexe plus ou moins opportun fut largement employé : un morceau d'étoffe, une feuille de vigne ou de figuier, parfois des éléments plus ingénieux comme les cheveux pour la Naissance de Vénus de Botticelli. En droite ligne de la renaissance, l'art baroque et le maniérisme introduisent une exagération systématique dans les poses, le style et les sentiments donnés aux sujets représentés. Le rococo, quant à lui, se caractérise par la mise en avant de scénettes privées, assez souvent érotiques. Pour autant les thèmes mythologiques et surtout les allégories (principalement l'amour) ne sont pas délaissés; Ils suivent les caractèristiques du courant : couleurs et formes douces et diffuses. Le néoclassicisme lié aux idéaux révolutionnaires (notamment chez Jacques-Louis David) font apparaître le nu le plus souvent dans des scènes de guerre. En peinture, les nus néoclassiques de cette seconde phase se caractérisent par un rendu velouté et uni, proches de l'idéal de pureté et de virginité de la première période romantique. La peinture romantique, réaction du sentiment contre la raison, se caractérise par un goût très marqué pour la dramatisation, l'arrivée de l'exotisme et un relâchement des conventions formelles. Les impressionnistes et les réalistes firent scandale en utilisant le nu dans des situations réalistes et non plus pour des scènes mythologiques. Proches des préoccupations sociales de leur époque, les peintres réalistes privilégièrent les études de nus féminins sur le vif, dans des situations quotidiennes. Au XXe siècle, les Demoiselles d'Avignon (de Picasso, 1906) sont un exemple célèbre de distorsion de nus à travers le prisme multifocal du cubisme. L'expressionnisme abstrait ne quitte pas la thématique traditionnelle du nu qui reste perceptible. Le pop art s'est également réapproprié des images commerciales de nus. Si les représentations de nus sont entrées dans les standards de l'imagerie collective, de nouvelles voies n'ont cessé d'être explorées, notamment, le body art a donné, à travers des performances, des représentations du corps, devenu un thème majeur de réflexion autour d'enjeux sociaux, psychiques, politiques et personnels. Le corps, ayant abandonné sa dimension de représentation des catégories esthétiques, est devenu un vecteur de réflexion et de subversion, comme en témoignent les automutilations de Gina Pane, par exemple. En été 2005, le musée Léopold de Vienne a proposé l'entrée gratuite à l'exposition « La Vérité nue » à ses visiteurs nus. Bien que liée depuis ses débuts à l'érotisme et mettant majoritairement en scène des femmes, la photographie de nu ne se limite pas à cette image. Dans Mise à nu, en effet, cinq artistes vivant en France et venant d’horizons culturels très différents interrogent la thématique du nu en livrant le résultat de leurs réflexion. |