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BRASILIA – CHANDIGARH – LE HAVRE PORTRAITS DE VILLES Actuphoto.com Photographie
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BRASILIA – CHANDIGARH – LE HAVRE PORTRAITS DE VILLES
 
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Le 15 juillet 2005, le bureau du Patrimoine de l’UNESCO décidait à l’unanimité l’inscription, au Patrimoine mondial de l’Humanité, du centre-ville du Havre reconstruit par

Auguste Perret.

Depuis lors, la Ville du Havre a engagé un programme d’actions visant à valoriser ce label.

Un colloque international sera organisé dans ce cadre les jeudi 13 et vendredi 14 septembre 2007, autour du thème « Brasilia – Chandigarh – Le Havre – Tel Aviv. Quatre villes

symboles du XXe siècle ».

Parallèlement, et en amont de cette manifestation, le musée Malraux présentera à partir du samedi 2 juin prochain une exposition de photos : « Brasilia – Chandigarh – Le Havre.

Portraits de villes ». Au-delà d’un panorama historique, l’objectif est de proposer une ision plurielle, mais certainement parcellaire de ces villes, au travers du regard de photographes brésiliens, indiens, français, et espagnols.

Brasilia, Chandigarh, Le Havre… trois grandes villes du XXe siècle, construites par trois architectes majeurs, Oscar Niemeyer (et Lucio Costa), Le Corbusier (et Pierre Jeanneret, Maxwell Fry, Jane Drew) et Auguste Perret (et son atelier), sur trois continents différents, l’Amérique du sud, l’Asie, l’Europe.

Leur point commun : des chantiers monumentaux, refl ets des convictions profondes de leurs concepteurs, menant à des villes reconnues aujourd’hui comme des oeuvres majeures de l’histoire mondiale de l’architecture et de l’urbanisme (Le Havre et Brasilia classées au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco et Chandigarh sur le point de l’être).

Elles furent également toutes trois photographiées, entre 1955 et 1961, par l’un des meilleurs « interprètes » de l’architecture, Lucien Hervé, dont les images ont contribué

de manière essentielle à révéler, en Europe, la physionomie des nouvelles capitales du Brésil et du Pendjab occidental.

Lucien Hervé accompagne Le Corbusier à Chandigarh en 1955 et 1961. Du premier séjour, Hervé ramène les photographies du Capitole en chantier, du second, les vues de la Haute-Cour de Justice, du Secrétariat et du Palais du Gouverneur achevés et déjà occupés, ainsi que des perspectives de la ville en mouvement (rues, écoles, quartiers d’habitation…).

À l’issue du deuxième voyage, il entame un tour du monde qui l’amène à Brasilia, inaugurée depuis un an mais dont la construction effrénée se poursuit (la cathédrale n’est pas

encore achevée).

Entre ces deux dates, Lucien Hervé recevra en 1956, de la Direction Générale du Tourisme, une commande pour photographier Le Havre, encore en reconstruction (deux ans après le décès d’Auguste Perret), mais dont la promotion est déjà à l’ordre du jour.

Si les photographies d’Hervé ont contribué de manière essentielle à faire connaître en Europe la physionomie des nouvelles capitales du Brésil et du Pendjab occidental, grâce notamment aux publications de revues telles que L’Architecture d’aujourd’hui ou Aujourd’hui, il n’en est pas de même pour Le Havre. La commande de photographies ne sera fi nalement que peu utilisée et Exposition d’oeuvres

photographiques et vidéos au musée Malraux, Le Havre,

du 2 juin au 16 septembre 2007.

LUCIEN HERVÉ

LOUIDGI BELTRAME

EMMANUELLE BLANC

JORDI COLOMER

STÉPHANE COUTURIER

GEORGE DUPIN

VÉRONIQUE ELLÉNA

DIWAN MANNA

ARTHUR MONTEIRO

EMMANUEL PINARD

CAIO REISEWITZ

NANCY WILSON PAJIC

Exposition réalisée par la Ville du Havre avec le soutien

du Centre National des Arts

Plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication pour la commande publique.

Catalogue par les éditions Somogy.

tombera dans un quasi oubli jusqu’à sa redécouverte en 2002 au moment de la présentation de l’exposition « Auguste Perret. La poétique du béton » organisée au musée Malraux en partenariat avec l’Institut Français d’Architecture.

Plus de cinquante ans après ces campagnes photographiques, le musée Malraux réunit aujourd’hui soixante tirages de Lucien Hervé, vintages et tirages modernes réalisés sous sa direction. Parmi ceux-ci, on retrouvera quelques clichés devenus désormais très célèbres de Brasilia (La Place des Trois Pouvoirs) et de Chandigarh. Également des photographies

moins connues du Havre (une véritable redécouverte !) ou plus inattendues, dans une veine plus humaniste : à Brasilia, les passants et les commerces des « superquadras », les fi dèles à l’entrée de la première église de Brasilia, les premiers touristes (brésiliens) de la nouvelle capitale… ; au Havre, les rues animées, la terrasse d’un café rue de Paris,

la piscine provisoire du bassin du commerce ; à Chandigarh, les potagers d’un quartier d’habitation, la cour d’une école pleine d’enfants au moment de la récréation…

Aux côtés de ces photographies historiques de Lucien Hervé, l’exposition présente les travaux récents de dix photographes et un vidéaste contemporains (112 oeuvres), exécutés à Brasilia, Chandigarh et Le Havre entre 1999 et 2007 démontrant, s’il le faut, que ces villes demeurent encore aujourd’hui de formidables sujets d’interrogation, des territoires riches et complexes à investir suscitant chez nombre d’artistes l’envie « d’y aller » et « d’en rendre compte ».

BRASILIA

Emmanuel Pinard séjourne à Brasilia trois mois en 1999 dans le cadre d’une bourse Villa Médicis hors les murs accordée par le Ministère de la culture et de la communication.

Dans cette ville immense, plantée au milieu d’un territoire vierge, il interroge l’espace public, plus particulièrement cet « entre-deux » séparant bâtiments officiels, quartiers d’habitation, réseaux autoroutiers, où la nature, la terre rouge du planalto rappellent sa présence. Là où l’imagerie

traditionnelle de Brasilia donne à voir une « colonisation » réussie d’un territoire « au milieu de rien », les photographies d’Emmanuel Pinard montrent au contraire un territoire qui résiste. Elles mettent en évidence que le territoire vierge fonde la véritable dimension monumentale de Brasilia.

George Dupin, venu également au Brésil dans le cadre d’une résidence EXO Sao Paulo S.A. en 2005, a séjourné quelques jours à Brasilia d’où il a rapporté de nombreuses images prises plus particulièrement autour de l’axe central du plan pilote de Lucio Costa et des bâtiments offi ciels d’Oscar Niemeyer. La place et l’échelle de l’homme dans la ville d’un côté, les jardins de Burle Marx de l’autre sont au coeur de ses préoccupations. Ses photographies

brésiliennes sont exposées pour la première fois.

Jordi Colomer, lui, a entamé avec Anarchitekton (2002-2004) une oeuvre complète mêlant photographie, vidéo et installation. À Brasilia, Barcelone, Osaka et Bucarest, un même BRASILIA – CHANDIGARH – LE HAVRE / PORTRAITS DE VILLES 6 personnage court dans la ville, portant, tel un étendard, la maquette de l’un des bâtiments

les plus symboliques de la cité. Hommage ou dénonciation, le mystère reste entier à regarder cet homme déambuler dans ces quatre cités différentes. Pourtant cette course sans fin déplace le regard sur l’espace urbain, pénétré d’une situation étrange, qui le fait basculer dans

la fi ction. Présentée en 2006 dans sa totalité au Grand Café à Saint-Nazaire (exposition Moderncity 2), seule la partie brésilienne est ici exposée. Elle voisine avec une photographie

« havraise » de Jordi Colomer tirée d’une vidéo réalisée en 2006 dans le cadre de la première Biennale d’Art Contemporain du Havre.

Le Brésilien Caio Reisewitz s’est concentré quant à lui sur un sujet unique : le palais Itamaraty,

siège du ministère des affaires étrangères et somptueux bâtiment construit par Oscar Niemeyer, photographié exclusivement de l’intérieur. Les lieux du pouvoir, vides, le

fascinent. L’une des images de cette série a été présentée à la dernière biennale de Venise,au pavillon brésilien. À côté de ces monumentales photographies du palais Itamaraty, le musée Malraux présente une autre image d’un bâtiment de Niemeyer… au Havre cette fois : le foyer du théâtre construit au début des années 1980, photographié par Reisewitz en janvier 2007, lors d’un court séjour dans la cité normande. Arthur Monteiro, Brésilien lui aussi, se promène dans la ville et s’attache à en photographier les piétons, interrogeant ainsi la place de l’homme, la réalité de ses mouvements dans l’espace dilaté de cette capitale où les déplacements furent conçus dès l’origine à l’échelle de la voiture.

CHANDIGARH

Emmanuelle Blanc, architecte avant d’être photographe, se rend à Chandigarh en 1999.

Paradoxalement, peut-être, c’est moins aux bâtiments construits par Le Corbusier qu’elle s’intéresse qu’à l’espace public et à la manière dont il est organisé, moins à la « démarche construite de l’architecte mais bien plus au concept en amont qui fonde la ville pensée comme un immense parc ».

Stéphane Couturier a séjourné à Chandigarh en janvier 2006 dans le cadre d’une commande de Lille 3000. Il a rapporté de ce voyage une quinzaine de photographies, exposées au musée de Tourcoing l’hiver dernier. Une sélection de ce travail, augmentée d’un nouveau tirage,

est présentée au Havre. Au Capitole, Stéphane Couturier a voulu coloriser les façades de béton brut de Le Corbusier, associant pour ce faire des photographies extérieures des

bâtiments à des photographies des éléments de décoration intérieure conçue par l’architecte plasticien lui-même, tapisseries, céramiques, fresques… Il en résulte des images « tout à la fois respectueuses et impertinentes, baroques et ludiques, structurées et palimpsestes ».

Diwan Manna vit à Chandigarh. Comme Caio Reisewitz à Brasilia, Diwan Manna appréhende dans sa série Corridors of power l’architecture des bâtiments offi ciels de la capiBRASILIA

– CHANDIGARH – LE HAVRE / PORTRAITS DE VILLES 7

tale du Pendjab et de l’Haryana dans sa dimension symbolique de lieu du pouvoir politique.

Depuis un point fi xe de la rampe intérieure du Secrétariat, il saisit les allers et venues des employés, introduisant l’humain et le mouvement au sein de ce monde puissamment ordonné mais également fortement coloré et lumineux.

À cheval entre Brasilia et Chandigarh, Louidgi Beltrame, développe un ambitieux projet vidéo, grâce à l’aide d’une bourse accordée par le ministère de la Culture dans le

cadre de la Villa Medicis hors les murs. Ayant séjourné à Brasilia au printemps 2006 puis à Chandigarh durant l’hiver 2006-2007, il présente pour la première fois au public son

projet achevé : un dispositif audio-visuel qui articule trois projecteurs vidéo et deux bandes son dans une architecture/scénographie spécifi que. Empruntant aux réalisateurs du néo-réalisme italien qui introduisaient dans un contexte fi lmé de façon documentaire des personnages

de fi ction, Louidgi Beltrame utilise la fi ction comme stratégie d’appréhension du réel. « Un institut d’urbanisme basé à Chandigarh envoie un photo-reporter à Brasilia pour faire un relevé photographique du plan pilote et de la périphérie en vue d’une publication… Celui-ci

disparaît, absorbé par la surface lisse de cette cité rétro-futuriste et on ne retrouvera de lui que des rouleaux de fi lm… Les photographies réapparaissent à Chandigarh où deux jeunes femmes marchent à travers les esplanades, les parcs et les rues de la ville en observant l’architecture et en la comparant aux photos du reporter… ».

LE HAVRE

La Ville du Havre et le ministère de la Culture et de la Communication – Centre National des Arts Plastiques se sont associés pour trois ans autour d’un projet de commande publique portant sur le territoire de la ville reconstruit par Auguste Perret et classé en 2005

par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’Humanité. En 2007, Véronique Elléna et Nancy Wilson Pajic ont été choisies pour mener la première étape de ce projet.

Véronique Elléna développe son sujet autour du rapport intérieur/extérieur. Tôt le matin ou à la tombée de la nuit, l’intimité des appartements, des bureaux ou des commerces des ISAI de la place de l’hôtel de ville ou des immeubles jouxtant l’église Saint-Joseph, allumés et habités, colorisent et réchauffent les façades des immeubles. La ville encore ou déjà silencieuse s’anime, palpite…

Nancy Wilson Pajic, quant à elle, aborde la notion d’intérieur/extérieur en se plaçant à la frontière symbolique du seuil, à l’entrée du bâtiment, dans le hall ou la cage d’escalier.

Au Havre, Auguste Perret, maître dans l’art du béton, pousse le soin du matériau et le sens du décoratif jusqu’au raffi nement : traitement subtil et harmonieux du béton légèrement coloré, des ferronneries et des huisseries… Ces lieux de passage, pensés comme de vraies pièces, deviennent alors pour Nancy Wilson Pajic prétextes à des métaphores sur le seuil.

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Informations Pratiques

Lieu(x):
Musée Malraux
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Du 02/06/2007 au 16/09/2007
(expositions terminée)
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