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Corinne CIBRE - Trashway Ma tête explosait. Ils allaient changer mon paysage… « Pour notre bien, pour vivre mieux dans un monde moderne et respectueux.» On m’avait promis le paradis Ma tête explosait Je n’en pouvais plus de tout ce bruit. On aurait dit qu’à la faveur de la nuit, tout changeait, même ce qui ne devait pas changer. Les rues changeaient de noms. Les noms changeaient de rues. Les habitants devenaient fous Les habitants se perdaient chez eux « Une partie de moi veut partir loin d’ici et l’autre, ne veut pas. Elle ne peut pas. Loin d’ici, je ne serais plus personne. Comme ces murs fissurés ce quartier coule dans mes veines » Alors, je suis sortie et me suis assise au bord du trottoir et j’ai regardé les hommes travailler. Les hommes en bleu qui criaient, sifflaient et suaient. Dans leur machines jaunes qui criaient, soufflaient et avançaient vers l’infini. Ils parlaient toutes ces langues que j’ai appris à connaître au fil du temps. Un jour, ils partiront et tout redeviendra calme. Un jour, ils en auront terminé de casser, défoncer, faire exploser la chaussée et mes oreilles cesseront de siffler. Ils partiront enfin et tout reviendra calme à la surface de ce que nos yeux peuvent voir. Les enfants courront, les badauds voudront y grimper les premiers et seront même sur la photo avec les élus, qui sait ! Les sourires reviendront. Des sourires apaisés car l’enfer sera loin, enfin. Les hommes bleus partiront avec leur machines jaunes et laisseront à la place ces wagons silencieux qui vibreront sur la terre. Nous n’entendront plus les cris de la terre, ni les cris des hommes bleus, ni les ancêtres sous la terre. Et chacun regardera ses pieds et aura tout oublié… Chacun regardera ses pieds et aura tout oublié…" Francine Mordret Christine-Carol TABUSSO - Photographe Photographe de 39 ans, vis et travaille à Biot. Le travail sur l’inversion de pellicules en labo est un moyen d’effectuer une métaphore du réel par des émergences de couleurs pour créer mes paysages de rêves. Les Paysages de rêves Vois tu ce ciel étrange il a une couleur orange c’est comme dans une danse quand tu entres en Transe Et cette lueur glacée qui l’a transpercée. Acide ! Paysages de rêve, ou rêves de paysage… D’un patrimoine en devenir qui tombe dans l’oubli… qui se déconstruit… Paysages de rêve, pays sage sans trêve… Lisa K. extrait de chansons |