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Le « off » du festival de photographie d'Aix-en-Provence Octobre 2007 Né en 2003, Phot'Aix, le Off du festival de photographie d'Aix-en-Provence, a bientôt impose son identité et individualité par rapport à l'exposition Regards Croisés, et acquis un public fidel. Pendant tout le mois d'octobre, des photographes sélectionnés par la Fontaine Obscure, exposeront leurs travaux dans une dizaine de lieux de la ville d'Aix-en-Provence. C'est pour les photographes un moyen de faire connaître leurs travaux et pour ceux qui les accueillent un outil d'animation et une façon de participer à la vie de la ville. C'est aussi l'occasion pour les visiteurs de découvrir des lieux méconnus. Le public pourra ainsi voir des photographies dans des endroits divers où la photographie n'a d'ordinaire pas sa place : halls d'hôtels, restaurants, magasins, établissements d'enseignement … L'exposition d'images dans ces lieux inusuels entraîne une approche au public très différent, par rapport à la galerie d'art traditionnel. Phot'Aix emmène la création photographique vers un public qui n'est pas forcement consommateur habituel d'art. Tout cela, bien sur, sans compromettre la qualité artistique et la créativité des oeuvres sélectionnes. Notre expérience depuis 2003 nous montre que le public comprend cette démarche, l'apprécie et visite avec plaisir et en grand nombre les expositions de Phot'Aix. L'Italie : invité d'honneur à Regards Croisés 2007 Après les années de la découverte de la photographie du bassin de la Méditerranée, avec « Identités Méditerranéennes » en 1991, et des pays de l'Europe de l'Est avec « Regards soviétiques » en 1990, « La Provence vue de l'Est » en 1992, jusqu'à Regards Croisés Russie-Provence en 2000, la Fontaine Obscure a traversé l'Atlantique et développé des nouveaux contacts en organisant Regards Croisés Texas-Provence en 2002 suivi par Venezuela-Provence en 2004. En 2005, l'association a retrouvé un partenaire européen en choisissant de présenter au public un échantillon de la création photographique berlinoise. En 2006, Regards Croisés a pris temporairement une nouvelle forme : la Fontaine Obscure s'est associée à la célébration du centenaire de la mort du peintre Paul Cézanne en invitant ses amis de l'étranger, de France et ses adhérents à participer à la manifestation « Conversations Photographiques ». En 2007 la Fontaine Obscure revient au bassin de la Méditerranée : Regards Croisés offre le jumelage Italie-Provence dans le lieu traditionnel et prestigieux du Musée des Tapisseries. L'Italie, pays voisin. Pays frère. En même temps si similaire et si différent. Comme en France, la photographie d'art est devenue en Italie de plus en plus populaire au fil des dernières années. Le public, encourage sans doute par le développement des techniques de photographie digitale qui ont démocratise le moyen, a soif de photographie de qualité, créative et imaginative. Bien sur, il y a toujours les grandes expositions des grands photographes. Mais le public souhaite aussi voir les créations photographiques des nouveaux talents. En Italie, comme en France, une nouvelle génération de photographes pousse aux portes du monde artistique. Les thématiques auxquelles s'intéressent ces talents émergents sont souvent similaires dans les deux pays. L'exploration et le questionnement de l'espace, urbain et public ou interne et prive, se retrouvent au centre de la démarche de toute une génération d'artistes, nés et grandis en Europe Occidentale après la deuxième guerre mondiale. L'homme est physiquement absent dans les images, mais présent dans les traces qui laisse, ses réalisations, ses constructions, ses déconstructions. D'autre cote', les photographes n'oublient pas la tradition du regard direct vers l'homme, l'intérêt humaniste, et non simplement humanitaire, vers les personnes que nous rencontrons au fil de notre vie et de nos voyages. Et, par le moyen de la photographie, ils nous amènent au delà de la représentation conventionnelle et sensationnelle des médias pour célébrer la place de chacun au sein de l'humanité. L'Italie, pays voisin. Pays frère. En même temps si différent et si similaire. Nul doute que la rencontre culturelle Italie-Provence, au sein de ces « Regards Croisés », sera féconde, comme l'ont été les rencontres précédentes avec Berlin, le Venezuela, la Lettonie, le Texas, la Hongrie et la Russie. Francesca Bertolini Luoghi di memorie ( Lieux de mémoires ) Lieux de mémoires » est une recherche réalisée dans l’ancien siège de Max Mara, maison de couture à Reggio Emilia, un an après sa délocalisation. A travers la photographie, l’artiste traduit en images les sentiments et les émotions, la vie vécue dans ces lieux. Une vie intense, dynamique, frénétique se déroulait ici, dans ces pièces bruyantes, illuminées par le néon, le siège de bureaux, salles de réunions, ateliers. Soudain, un déménagement rapide, du jour au lendemain, et puis l’abandon. Les objets abandonnés ou oubliés nous rappellent la quotidienneté du temps passé. Le silence, qui domine l’immobilité des lieux et des objets, est imprégné de souvenirs et d’une mémoire mélancolique et nostalgique. Le choix de n’utiliser la lumière artificielle, synonyme de présence humaine, et l’absence de couleur, si liée aux activités d’une maison de couture, sont des éléments cruciaux pour le récit de l’abandon. Alain Legendre Ce temps qui fut D’abord l’abandon de ces lieux ... ... où dans un passé proche le chaos d’aujourd’hui n’avait pas de place. … où il ne reste désormais, dans ce désordre, que quelques traces fragiles destinées à l’oubli, comme autant de points de basculement entre existence et effacement. Chaos forcément marqué par la disparition de quelque chose et qui agit comme la mémoire d’un quotidien qui chavire, effaçant toutes traces du réel dans l’abandon. L’image bascule, et il ne reste que le témoignage de ces traces de vie, qu’une réflexion sur… Ce temps qui fut Bruno Cattani Memorie ( Memoires ) « Mémoires » est un travail sur le souvenir, l’évocation, les traces, avec un côté poétique et une trame élégante. Ce travail est, en réalité, le journal intime de l’artiste qui dessine, à travers les détails, une ville à soi même, sa ville, Reggio Emilia. Mémoire et Photographie, deux « instruments » qui, ensemble, ont écrit et continueront à écrire des pages stimulantes de l’art contemporain. « Mémoires » est un hommage de l’artiste à sa ville, réalisé avec le coeur. Le photographe ressenti pour sa ville un attachement amoureux et une reconnaissance qu’il synthétise dans ces images dans lesquelles il revit une Reggio Emilia disparue, celle de son enfance, de son adolescence, des années soixante et soixante-dix. Davide Grossi Non Luoghi Comuni ( Non lieux communs ) Ces images documentent des espaces parcours à travers des villes en marge, les nouvelles géographies urbaines, le “non lieu”. Le “non lieu” n’est pas identifiable par ses caractéristiques, ni historiques ni relationnelles. Les “non lieux” sont les espaces anonymes du monde contemporain, là où s’annulent les coordonnées du temps et de l’espace. Dans les “non lieux” s’effacent les distances entre générations, les sens de l’histoire, le sens du devenir, le conflit social et la condition économique. Le “non lieu” est une terre abstraite, que nous rappelle notre situation éphémère. Les “non lieux” ont tous un air de déjà-vu, de similitude inquiétante. Le “non lieu” est un produit de la sur-modernité, où la périphérie a gagné. Anne Karthaus Peregrinité Urbaine « Je marche dans la ville nouvelle … Je marche, j’avance, j’évolue… je regarde… je m’étonne, je découvre, je photographie. Je photographie la ville, je photographie la ville inconnue. Nous faisons connaissance, nous nous découvrons. Je marche, je découvre, j’avance, j’admire, je m’arrête, je cadre, je photographie… Je marche encore, je découvre à nouveau, je m’étonne par ci, je photographie par là. J’avance dans la ville. Je me dirige vers la droite, je pars à gauche. Je me perds… je regarde, je reviens sur mes pas. La ville est belle. Nous faisons connaissance, nous nous découvrons. Je trouve tout beau, je m’étonne encore d’encore m’étonner… parfois je photographie, parfois je ne photographie pas. Je croise des individus, des regards sont parfois échangés, je croise des inconnus, des inconnus qui sont quelquefois capturés, photographiés… » Anne Karthaus, le 24 juin 2007 Silvia Amodio Volti d’Africa ( Visages d’Afrique ) « Je suis partie en Afrique du Sud parce que je suis une photographe d’animaux et j’étais convaincue de pouvoir faire des rencontres inoubliables avec zèbres, girafes, lions. Au contraire, je me suis retrouvée à photographier des personnes. Je suis arrivée un peu par hasard dans la township de Longa. Je suis entrée dans le camp sur la pointe des pieds, sans appareil photo, et escortée par la police. Mais en quelques jours j’étais libre de me déplaces dans le camp sans escorte. Accoutumée aux images proposées par les médias, je voulais obtenir un aspect plus poétique. Extrapoler symboliquement ces personnes de leur contexte et les placer dans une dimension plus digne. Elles ne devaient plus être riches ou pauvres, blanches ou noires, elles ne devaient plus être des numéros à nourrir, mais devaient récupérer une identité et une histoire propre. Juste avant mon départ elles m’ont donné un nom : Nokukhanyo, la femme de lumière. » Claude Almodovar Marseillais Il est coutume de qualifier Marseille de « ville refuge », de « ville d’étape ». Mais qui sont ces individus qu’elle aspire dans ses veines, qui se réfugient dans ses artères, qui occupent son corps et lui font cortège ? Marseille s’offre à qui veut et sait la prendre. Photographier la rue de l’Académie, rue de négoces et de l’échange, permet d’arrêter un instant le temps, de figer les regards et les choses, et ce pour mieux les arrimer au passé et au présent. Regards sur la proximité, sur les voisinages, les évitements, sur ce que l’on ne peut voir sans s’arrêter pour partager un instant. Chacun occupe sa « place », chacun par sa mémoire restitue une image des lieux et offre son regard. |