Mois de la photo à Paris - Novembre 2008 Programmation
Ellen Carey Actuphoto.com Photographie
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Ellen Carey
 
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Le nom de mon projet, Photography Degree Zero (Le degré zéro de la photographie), fait directement référence à l’ouvrage de Roland Barthes, Le Degré zéro de l’écriture, publié en français en 1953 et en anglais en 1968, avec une introduction de Susan Sontag. Barthes se livre à une réflexion théorique sur l’écriture et se concentre plus particulièrement sur le ton froid et le style minimaliste du nouveau roman français. De façon similaire, mon travail vise à représenter un éloignement par rapport à l’idée de l’image signe de la photographie. Il répond aussi aux

attentes historiques et culturelles qui entourent l’idée qu’une photographie doit décrire, exposer et raconter (comme c’est le cas pour l’instantané, la photographie de paysages, le portrait et le photojournalisme).

J’aborde la photographie comme une création d’image plutôt qu’une prise d’image. Je m’intéresse, à la fois de façon visuelle et conceptuelle, à la théorie du chaos, à la géométrie fractale et à la symétrie et l’asymétrie que l’on trouve non seulement dans l’art, mais également dans la nature, la science, l’architecture et les mathématiques (le juste milieu, la spirale logarithmique).

L’ordre et le hasard jouent un rôle essentiel dans la création de mon oeuvre, qui s’apparente à l’Expressionnisme abstrait (de par la taille, l’échelle et l’espace « hors champ »), au Surréalisme (la lumière, la chambre noire, les photogrammes) et au Minimalisme (la matière comme procédé, les séries, les images non figuratives, la question du silence). On me demande

souvent, à propos de mon travail, « comment j’ai fait telle ou telle photographie ». Dernièrement, on s’est mis à me demander aussi « ce que représentent mes photographies ». Avec ces deux questions, mon art présente la photographie en tant que procédé (l’appareil Polaroïd est à la fois une invention et un procédé), mais va également à l’encontre de l’idée communément répandue qu’une photographie représente la réalité.

L’abstraction est un fait établi en peinture, mais encore naissant en photographie, comme le suggèrent les expositions « Abstract Urge » et « Content and Discontent », organisées par le critique de photographie Andy Grundberg et qui présentent (entre autres) mon travail. Dans mon cas précis, l’abstraction s’est au cours des dernières années approchée toujours plus du minimalisme,

comme le confirme ma toute dernière exposition en solo à New York. La raison en est que je souhaite repousser les critères du moyen d’expression photographique, à la fois pour remettre en question le procédé par lequel une photographie est faite et pour soulever la question de la signification de la photographie en l’absence du cadre d’une représentation reconnaissable.

L’abstraction en photographie est presque une contradiction, et le minimalisme n’est qu’un oxymore de plus. Je souhaite concentrer mes énergies artistiques, intellectuelles et esthétiques à l’endroit exact où une photographie est dépourvue de toute image reconnaissable. À ce moment précis de ma vie professionnelle et créatrice, un partenariat m’apporterait le temps nécessaire et le soutien professionnel approprié pour développer plus avant les affinités basiques entre l’art et la science, d’ores et déjà très présentes dans mon travail. Les domaines précis que j’ai besoin d’explorer d’avantage sont : la physique, particulièrement en ce qui concerne la lumière et la couleur ; l’harmonie des proportions que l’on retrouve à la fois dans les sciences naturelles et l’architecture ; et la réflexion sur les complexités de la vie que l’on retrouve en théologie.

Le minimalisme reste particulièrement peu développé dans la photographie, mais il est courant dans la peinture et la sculpture contemporaines, avec des ressemblances spécifiques entre mon travail et la sculpture de Dan Flavin (couleur et lumière), les peintures d’Ellsworth Kelly et Agnès Martin (simplicité et répétition), l’art conceptuel de Sol Le Witt (géométrie et systèmes) et les installations sculpturales du regretté Donald Judd (les matériaux non artistiques et le carré).

Le travail de tous ces artistes possède une présence sublime et une éloquence intemporelle qui non seulement contestent l’idée de ce qui est ou n’est pas de l’art, mais transmettent aussi ces connotations spirituelles et perceptives qui s’auto définissent de façon existentielle. Dans mon propre travail, cette même combinaison de qualités se retrouve dans une palette liée aux vitraux des églises de mon éducation catholique, qui sert de base à un examen minutieux de la lumière, cet agent fondamental responsable de toute photographie.

Je me vois comme une artiste de la fin du 20ème siècle, qui utilise les outils de son époque pour son expression personnelle. Le plus souvent, l’outil en question est le Polaroïd 20 X 24 grand format.

Cet appareil photo, qui n’existe qu’en cinq exemplaires, a été fabriqué il y a environ vingt ans avec le soutien de la compagnie Polaroïd. Les idées et les codes visuels que j’ai utilisés librement dans la pratique de mon art sont tirés des découvertes de Benoît Mandelbrot, qui a développé la géométrie fractale. J’ai également utilisé dans mon travail des idées puisées dans les écrits de Rudolf Arnheim, dont la thèse de base que l’art possède deux structures (le cercle et le carré) peut être mise en relation avec mon utilisation de l’équipement photographique, avec son objectif rond et son boîtier rectangulaire. Ces affinités conceptuelles et contextuelles m’ont fourni les outils pour créer de façon plus significative et ont assuré au résultat final une clarté synoptique plus riche.

Alors que notre culture file à toute vitesse dans le 21ème siècle, les moyens d’expressions fondés sur la caméra et la technologie tels que la photographie semblent un choi x logique et attrayant pour certains artistes. La diversité changeante de la photographie, son histoire relativement courte, ses avancées techniques et le caractère universel de ses images sont autant de qualités qui parlent aux intérêts de ces artistes en s’attaquant à des questions au-delà et en-dehors des inquiétudes de plus en plus rares du monde de l’art des époques précédentes. C’est dans cet état d’esprit que j’ai décidé sciemment de travailler avec un moyen d’expression capable d’associer une machine et l’imagination pour redéfinir les notions de vérité et de beauté en 1/125ème de seconde.

Mots clès / Tags : photographie, mon, art, travail, j, ai, image, facon, idee, artiste, procede, minimalisme, lumiere, non, fois, question, abstraction, particulierement, polaroid, precis,

 
 


Informations Pratiques

Auteur(s):
Ellen Carey

Lieu(x):
Ibu Gallery
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Du 15/11/2007 au 29/02/2008
(expositions terminée)
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